La situation en Assam pour les nuls

Comme mentionné dans un de mes précédents articles, les conséquences des troubles en Assam se font sentir dans tout le pays. Si la limitation du nombre de sms que l’on peut envoyer chaque jour a été relevée à 20, la crise est pour autant loin d’être résolue.

Quelques chiffres

19 : c’est le 19 juillet que les violences ont commencé, avec une attaque anonyme menée contre deux leaders de syndicats étudiants musulmans. Le lendemain, comme par hasard, des Bodos* impliqués politiquement se faisaient lyncher dans un village à majorité musulmane du même Etat, le Kokrajhar.
80 : le nombre de morts depuis le début de la crise.
5 : le nombre limite de sms que l’on pouvait envoyer pendant un certain temps.
400 000 : estimation du nombre de personnes ayant fui leur domicile depuis le début du conflit (soit le plus grand déplacement de population depuis la partition de 1947).

* Les Bodos sont les membres d’une communauté ethnique et linguistique (leur langue s’appelle d’ailleurs le Bodo), majoritairement hindous (90%) et traditionnellement cultivateurs.

Le pourquoi du comment

Il serait bien présomptueux de la part d’une Française de 19 ans en Inde depuis un mois et dix jours d’imposer une vérité sur le conflit en Assam alors que tous les médias Indiens s’arrachent les cheveux sur la question depuis mon arrivée en Inde (le 19 juillet, même date que les émeutes. Coïncidence?). Cela dit, je peux quand même faire ma petite étoile et tenter d’éclairer un peu votre lanterne.

Tout d’abord, j’ai essayé de comprendre pourquoi, que ce soit dans les articles de presse (indienne) que j’ai lu, ou pendant la présentation qu’une fille originaire d’Assam a faite en classe, on insiste sur le fait que le problème n’est pas vraiment un problème communautaire. Une manière simpliste de comprendre le conflit serait au contraire de dire que des ethnies s’affrontent en Inde parce que c’est l’Inde, c’est un pays lointain et compliqué, et ce sont tous des sauvages et rien ne va plus depuis que les Anglais sont partis, même si nous les Français on aurait fait mieux. Mais vous valez mieux que ça non ?

Je vous remets la carte de l’article précédent, parce que ça aide à comprendre pas mal de choses :

L’Assam, entouré par le Bhoutan, la Chine, le Bangladesh, la Birmanie et le Népal.

Il y a deux groupes principaux, des Hindous majoritairement Bodos et des Musulmans, la plupart issus d’une immigration. Mais le problème en Assam n’est pas religieux. Tout d’abord, comprenons un peu l’histoire des Bodos. Il y a une vraie histoire de lutte pour la création du « Bodoland », un Etat pour les Bodos, qui (certains d’entre eux en tout cas) se sentent un peu exclus. Situation géographique particulière et discriminations à l’encontre des Indiens du Nord-Est, dont le physique est caractéristique de la région : yeux un peu bridés et peau plus claire, qui leur vaut le surnom peu amène de Chinkies (Chintoks). Evidemment, les tentatives du gouvernement indien sont insuffisantes pour calmer les velléités d’indépendance, malgré la création de quatre territoires Bodos autonomes. Il s’agit maintenant de comprendre l’histoire des musulmans de la région (mais patience, je fais un petit détour avant d’y arriver).

L’immigration, la possession et l’émotion : un trio explosif

Le problème de l’immigration vers l’Assam n’est pas nouveau. Le PIB par habitant des pays environnants (principalement Bangladesh) n’atteignant pas des sommets à faire pâlir d’envie un Américain, il y a un réel afflux de migrants de ces pays vers l’Assam depuis les années 1970. En trente ans, ça fait beaucoup de gens. Et si au début, la mauvaise régulation, voire l’absence de régulation de cette immigration était sûrement accidentelle, les politiciens indiens ont réalisé que les migrants qui s’installaient là, avaient des enfants et devenaient indiens représentaient une source potentielle de votes (on parle de la politique au niveau local, pas au niveau national s’entend). La majorité de ces migrants étant musulmans (puisque venant d’un pays à majorité musulmane), s’est mise en place des « votebank politics« , c’est-à-dire des stratégies politiques reposant sur la division communautaire. Facile d’opposer les Bodos « de souche » réclamant leur indépendance aux immigrés musulmans qui se retrouveraient sur la paille si telle indépendance devait arriver. Notamment en ce qui concerne le problème des terres agricoles, en grande partie aux Bodos, qui les louent ou les vendent aux immigrés, puis les accusent, parfois à raison, de se les approprier par la force. Les immigrés (ou descendants d’immigrés) accusent quant à eux le gouvernement de ne pas reconnaitre leurs droits et de favoriser les Bodos en cas de litige. On a l’immigration, on a la possession ; la mort des deux leaders étudiants musulmans a provoqué l’émotion. Bingo, on a notre crise.

La crise en carte (Courrier International)

Une crise humanitaire ?

Je vais achever bientôt cet article. S’il vous a demandé du temps et de la concentration, je vous prie de m’excuser, et de vous rendre compte qu’il m’en a demandé encore plus (d’autant que je me remets difficilement d’une tradition Sciences Piste qu’on essaie de garder ici ; la soirée étudiante du jeudi soir). Je ne reviens pas sur les conséquences de tout cela et sur le nombre de personnes touchées, c’est colossal mais ça ne signifie pas grand chose pour vous qui êtes à plus de 6000km. De plus, la presse traite beaucoup plus de ce genre de choses car c’est plus « d’actualité ». Je vais juste ajouter quelques photos avec leurs légendes (en anglais forcément) qu’une de mes amies indiennes a publié cette semaine dans Tehelka, magazine d’investigation indien et quelques liens, pour ceux que la situation passionne et qui veulent passer au niveau « pour les pas-nuls du tout ».

Mohanto, 22, a young Bodo, amidst the remnants of a completely destroyed house in his village, Bamangaon on the Dhubri-Kokrajhar border.

Ranjit Basumatary stokes the embers of the blaze, which burnt down a granary of his neighbour’s house in Malgaon.

Ranjuma looks inside her house, swept clean of all its possessions in the blaze that engulfed her village, Singimari.

Liens :

Les autres photos de Niha, sur le site de Tehelka

Bon article (en anglais), également dans Tehelka

Article en français dans le Courrier International (meilleur article français que j’ai lu, même si moins bon que le précédent)

EpiloguePour vous reposer l’esprit avec encore un peu d’Inde mais drôle, ça se passe sur le blog de Lou, compatriote d’aventureS !

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Dialogue – Un peu de lenteur dans ce monde de brutes

Début Août. Delhi, Bikaner House. 

Le City Palace de Jaipur, ou la raison pour laquelle on voulait tellement y aller.

L’idée à ce moment là, c’était de trouver un billet de bus pour Jaipur, la ville rose, pour un départ le lendemain, après avoir lamentablement erré pendant 2H à la gare ferroviaire (lamentablement parce que s’y prendre la veille du départ augmente fortement la probabilité que le train convoité soit complet). Nous nous sommes donc rendues à Bikaner House, la maison du Rajasthan, où nous avons fait la connaissance d’un employé agréable, efficace et professionnel comme on rêverait d’en voir plus souvent…

Nous : « Hello Sir, we would like to know about the bus that go to Jaipur tomorrow, around 5pm.
Lui : Today?
Nous : No, tomorrow, 5pm or later
Lui : Give me your names and age. »

Il commence à remplir un formulaire.

Nous : « Yes, ok, but we would like to know more before booking. How much does it cost?
Lui : 730. 

(ça fait 11€ environ)

Nous : Aren’t there cheaper bus ? We saw a bus that costed 500.

(7-8€. L’économie ne parait pas énorme convertie en euros, mais quand on sait qu’avec les 230 roupies d’écart on peut se payer une nuit d’hôtel, on devient un peu plus insistant…)

Lui : No. 11.30am.
Nous : Only the bus at 730 in the afternoon ?
Lui : Yes.
Nous : Ok, we need to think about that because it is more expensive that what we expected, and we need to withdraw some cash. »

… 5-10 minutes plus tard, nous avons décidé de prendre ce bus. Nous sommes de retour au comptoir…

Au même endroit. Parce que ça vaut bien qu’on les mette, ces 11€ de bus!

Nous : Hey Sir, ok we are going to book the bus.
Lui : (grogne un truc en hindi)
Un client attendant au comptoir d’à-côté : He said that you have to wait.
Nous : Why ? How much time ?
Le client (après avoir parlé en hindi au fonctionnaire) : 30 minutes, he has to finish with the lady. »

… Après avoir vainement insisté, nous attendons. L’employé imprime lentement le ticket de la femme devant nous puis s’arrête. Il décide de sortir tous ses billets et de la re-compter. Une fois, lentement, un a un. Un autre employé se tient debout derrière et s’emmerde surveille l’opération. Il recommence une deuxième fois, tandis que la foule de gens qui attendent pour réserver un bus grossit. Après exactement une demi-heure inutilement employée, il s’adresse enfin à nous…

Lui : « Name and age ?
Nous, fatiguées de son obstination et de l’attente, répondons avant de poser des questions. « So which bus ? and what time does it leave ?
Lui : Tomorrow ? 5pm.
Nous : Ok, perfect !
Lui : So, 2000 roupies.
Nous : 2000 ? So, it is 500 each person ?
Lui : Yes, the bus is 500 each.
Nous : Ok perfect, this is the bus we wanted to have, why didn’t you tell us before ? »

L’Inde, ou l’art de perdre 2h pour prendre un ticket de bus alors que ça aurait du mettre 10minutes. Alors, deux leçons à tirer : 1. S’armer de patience et insister 2. Pour prendre un bus, se pointer le jour même, 5 minutes avant l’heure voulue pour éviter de perdre un après-midi.

Parce que certaines scènes ont lieu n’importe où (mais là, c’est à Jaipur)

Le lien entre 5 sms et 80 morts…

… n’est pas évident à établir. Sauf en Inde.

Flashback. Nous sommes le 18 août, je suis à Amritsar. Après avoir visité l’intérieur du temple d’or, je dois retrouver quatre amis pour déjeuner à la « Free Kitchen » (voir article précédent). Naturellement, je leur envoie un sms à tous les quatre pour indiquer ma position. Au bout du deuxième, « message failed to be delivered ». Je recommence mais rien n’y fait. Tant pis, je finis par les retrouver quand même (presque tous). Ce n’est que plus tard, en ressortant mon portable, que je vois que j’ai reçu un sms un peu étrange de Vodaphone :

« Dear customer! You have sent 5 SMS today. As per instructions from the Government Regulatory, only 5 SMS can be sent per day ».

En rentrant de voyage et en retournant à l’intense vie sociale New Delhite j’ai réalisé ce que cela voulait dire : impossible d’envoyer plus de 5 sms par jour pour tous les téléphones indiens. Quoi, pourquoi, combien de temps ??

Mes recherches dans la presse indienne anglophone ainsi que quelques questions à des amis m’ont un peu renseignée. Cette mesure prise par le gouvernement indien pour les quinze jours à venir vise plus ou moins à limiter les vagues de violence qui ont en ce moment lieu en Assam, au Nord Est de l’Inde et qui se propagent parmi les communautés assamaises de toute l’Inde.

Carte de l’Inde, avec l’Assam

Vous ne voyez pas franchement le rapport entre moi, qui essaie gentiment d’organiser une soirée sans passer 4heures au téléphone (oui parce qu’on peut toujours appeler autant de temps qu’on veut – tant qu’on paye bien sûr) et des gens qui se massacrent à plus de 2000km ? A vrai dire, moi non plus. Mais la logique indienne est imparable. Je vous fais le topo :

1. Le problème : des violences ont fait près de 80 morts en Assam, plongeant la région dans une crise plus qu’inquiétante. Des menaces de mort ont également été envoyées à des Assamais vivant dans le reste du pays.

2. La question : Que faire pour limiter au maximum ce phénomène, et enrayer la violence ? (en plus des morts, les événements ont causés d’immenses déplacements de la population, touchant presque 500 000 personnes)

3. La réponse.
a. Une réaction logique de la part du gouvernement indien serait certainement d’envoyer des gens enquêter sur place, et d’essayer de résoudre la crise à sa source (même si je reconnais que c’est plus facile à dire qu’à faire).
b. Comme la solution a est un peu difficile à mettre en place, risquerait d’être critiquée, voire même de coûter cher politiquement, il faut trouver autre chose. C’est là que les politiques sont très malins.

4. Constat : Pour que des violences en groupe soient organisées, pour que des menaces soient communiquées, il faut bien que les gens se contactent. Or, comment se contactent les gens en 2012 ? Par sms.

5. Eurêka ! Voilà, il suffit donc de bloquer les sms dans tout le pays pour que les gens ne puissent pas se contacter, donc pas se réunir, donc pas agir, donc pas être violent. Brillant non ?

Ne pouvant pas envoyer des textos, il s’agit de trouver une nouvelle utilité à son portable… (Copyright L.T. & N.T.)

Bien sûr, l’éventualité que des gens voulant commettre des violences puissent se contacter via un simple coup de fil ou par Internet est totalement exclue.

Et, pour aller plus loin, une rubrique spéciale « Toi aussi, résous tes problèmes du quotidien à la manière du gouvernement indien » :

* Si une ampoule est cassée, au lieu de la changer, apprends à vivre dans le noir.
* Si tu vis dans un endroit où il y a beaucoup de vols, jette tous tes biens de valeurs pour ne pas avoir besoin de faire attention dans la rue.
‎* Si ta douche est bouchée, lave-toi avec un gant de toilette au lieu d’acheter du Destop (copyright J.S.)
* D’autres idées ?

 

Ps : Parce que ce qui se passe là-bas va bien au delà de mes désagréments téléphoniques, – même si la presse française n’en parle pas – je suis en train de vous préparer un article un peu plus complet sur l’Assam (mais ça demande de se pencher un peu sérieusement sur la question).

Les leçons à tirer de la religion sikh

Carte du Punjab (parfois orthographié Penjab, Pendjab, ou Panjab)

Petit rappel pour mes lecteurs les moins assidus : je suis partie le 14 août dernier à la visite de Chandigarh et Amritsar où, en plus de me régaler de la bonne bouffe Punjabi, j’ai mis mon voyage de quelques jours à profit pour en apprendre un peu plus sur la religion sikh. C’est en effet la religion majoritaire dans cet Etat indien de presque 25 millions d’habitants.

 

La religion sikh pour les nuls ou l’art de reconnaitre un Sikh dans la rue

La religion sikh a été fondée autour du 15ème siècle au Punjab (tiens donc!) par le Guru Nanak. Bien qu’ayant certains points communs avec l’Hindouisme, comme la croyance en la réincarnation, le Sikhisme rejette radicalement le modèle de société hiérarchisée par des castes proposé par celle-ci. Les Sikhs promeuvent en effet l’égalité entre tous les êtres. De beaux idéaux qui sont mis en pratique, comme vous le montrera la suite de cet article. Mais avant, penchons-nous sur les cinq caractéristiques, édictées par le dixième Guru, Govind Singh, au 17ème siècle, qui permettent de reconnaître un Sikh dans la rue :

Les Sikhs ne sont pas supposés se couper les cheveux et les poils (y compris la barbe) de toute leur vie, car ce sont des symboles de leur sainteté. Ainsi, ils portent des turbans pour ranger un peu cette encombrante chevelure (même si, de nos jours, la majorité d’entre eux fait régulièrement un tour chez le coiffeur).
– Mais ils portent quand même un peigne dans leur chevelure pour signifier un certain ordre
Ils ont toujours sur eux un poignard ou un sabre, car ce sont des soldats qui se doivent d’être forts et dignes. Pour l’anecdote, cette obligation religieuse se révèle être un casse-tête pour la sécurité, notamment dans les aéroports où il n’est pas du plus bel effet d’embarquer une arme blanche en cabine.
Un bracelet en argent ou acier sera du plus bel effet pour représenter le courage
– Et enfin, mais c’est moins évident à constater au premier abord, il existe un impératif sur les sous-vêtements, à savoir que les Sikhs doivent porter un caleçon court.

Ainsi, au Punjab, la moitié des hommes portent un turban, et il y en a de toutes les couleurs ! Anecdote marrante tant qu’on y est : la plupart des Sikhs portent le même nom de famille « Singh » qui signifie lion. Plutôt cool mais pas très pratique pour l’administration…

Turbans dans les rues d’Amritsar

Des révoltes, des meurtres et des retournements de situation

L’histoire de la religion sikh a été particulièrement marquée par un événement sanglant qui eut lieu dans les années 1980. Evidemment, comme pour toutes les religions, des persécutions eurent lieu à son encontre bien avant, mais cet épisode est digne d’un roman. A partir de 1982, la lutte des Sikhs pour un Etat du Punjab indépendant, renommé le Khalistan, atteint une ampleur inégalée. Quand on sait que le Punjab est l’une des régions les plus riches/fertiles de l’Inde, on conçoit un peu le problème que ça a pu poser aux autorités de l’époque, notamment la première ministre de l’époque, Indira Gandhi, qui n’était pas du genre à se laisser contrarier. Du coup, en 1984, elle a envoyé l’armée indienne massacrer quelques centaines de Sikhs (voire quelques milliers) qui s’étaient réfugiés au coeur du lieu le plus sacré de leur religion : le Temple d’or (Golden Temple – en Penjabi : Harmandir Sahib), qui se trouve à Amritsar.

Sikhs se baignant dans le bassin sacré (Amrit Sarovar) du Temple, qui donne son nom à la ville d’Amritsar.

Temple d’or dans le soleil couchant

Il y a juste un truc qu’Indira Gandhi n’aurait peut-être pas du négliger : ses deux gardes du corps étaient Sikhs. Dans l’absolu, c’est plutôt une bonne idée d’avoir des gardes du corps Sikhs vu qu’ils ont toujours un poignard sur eux. Mais dans ces circonstances, ça ne lui a pas été franchement favorable, étant donné qu’elle a été assassinée par eux quelques mois après l’attaque contre le Temple d’or. Je passe sur les tensions entre Sikhs et Hindous qui ont suivi, mais on peut compter quelques milliers de morts en plus…

Comment mon voyage m’a permis de comprendre concrètement quelques principes du sikhisme

Après ces longues digressions historiques, il est temps de revenir à mes aventures palpitantes à Amritsar. Car après la théorie vient la pratique. En feuilletant les guides du Routard et du Lonely Planet, nous avons vu qu’il était possible de dormir dans les dortoirs du temple ainsi que de manger gratuitement dans la cantine. Après deux nuits d’hôtel à proximité, nous avons voulu tester.

Le repas, servi par terre : riz au cumin, dal (soupe de lentilles), chapatis (pain). Et légumes (pas sur la photo). Des petites variantes chaque jour.

Ce qui est remarquable, c’est que des gens de toutes les classes sociales, de toutes les religions et de toutes les origines partagent le même repas assis par terre dans une immense salle. Assez rare en Inde pour être souligné. Contrairement à beaucoup d’autres religions, où de la nourriture est gratuitement distribuée aux plus pauvres (Secours Catholique), il s’agit ici de nourrir gratuitement des milliers et des milliers de personnes quelles qu’elles soient, pour faire valoir le principe d’égalité dont je vous parlais au début de l’article. De même, leur nourriture sacrée, la parchad, est distribuée à tous. Du coup j’en ai mangé : c’est bon et sucré (léger goût de noisettes et de miel, fort appréciable). Je comparerais bien avec l’hostie mais je n’ai jamais pu en goûter…

Du coup, les bénévoles mettent le turbo en cuisine. Un ballet impressionnant.

Quant aux endroits pour dormir gratuitement, c’est là encore assez impressionnant : une immense cour dans laquelle dorment, à même le sol, les Indiens et des salles de bain communes (non mixtes bien sûr). Pour les « voyageurs » (les touristes), ce sont quelques pièces dans lesquelles ont été installés des lits en bois (pas très confortables mais on s’y fait), des placards pour déposer les sacs. Des gentils Sikhs surveillent les entrées et sorties et répartissent au mieux les touristes (on a quand même dormi à 5 dans 3 lits mais ça aurait pu être pire).

L’entrée du couloir menant au dortoir.

Cela implique de vivre pieds nus et voilé, mais franchement, ça en vaut la peine.

Best of photographique – 2

Encore en vadrouille ? Oui, et cette fois, c’est grâce à la fête d’indépendance du 15 août (férié aussi en Inde donc) et aux jours fériés musulmans pour la fin du Ramadan (l’avantage d’être à la Jamia Millia Islamia). Six jours qui me permettront de découvrir Chandigarh, ville construite par Le Corbusier (tiens, c’est pas très indien tout ça) à la demande de Nehru, et Amritsar, coeur du sikkhisme avec le magnifique temple d’or dans lequel nous allons essayer de passer quelques nuits (oui, c’est possible). Et, probablement au vu la position de cette ville (cf la super carte à gauche), une incursion à la frontière pakistanaise, recommandée dans cette liste des 101 meilleures choses à faire en Inde. En attendant de vous faire fantasmer avec les milliards d’aventures qui vont m’arriver, je vous remets quelques photos de Delhi (hometown!) qui avaient malencontreusement passé les mailles du filet. 

Garage de cycle-rickshaws en plein air

Drapeaux à l’entrée du camp tibétain Manju Ka Tilla au nord de Delhi

Furniture market, Amar colony

Un bon petit mélange à l’indienne

Au bord de la route, vue du pont marquant l’entrée du camp tibétain.