Dialogue – Chandigarh ou de la politique

 A l’heure où mes camarades de classe s’étripent sur les réseaux sociaux pour des questions d’élections de délégués avec tant de virulence que j’en suis presque à regretter le silence pesant dans une salle de Sciences Po après que le jeune maître de conf’ plein d’espoir a demandé à la volée des volontaires à ce poste plein de responsabilités, il est temps de s’interroger sur le rapport des Indiens à la politique. Je ne sais si la passion pour la chose publique se fane avec l’âge ou si la nouvelle génération est plus concernée (je doute cependant fort du deuxième point), toujours est-il que ce dialogue vécu à Chandigarh est … intéressant.

Chandigarh, 15 Août 2012

Dans cette ville de béton aux plans élaborés par Le Corbusier, nous partons à la recherche de quelques bâtiments construits selon les indications de ce grand homme. Notamment les bâtiments qui siéent à toute capitale d’Etat (en l’occurrence, du Punjab et de l’Haryana), soit la Vidhan Sabha (l’Assemblée législative) et la High Court (la Haute Cour).

Les trucs marrants quand on se balade

On lit dans le guide qu’il y a également une sculpture de l’architecte représentant une main ouverte (the Open Hand), symbole pour Nehru, premier ministre de l’époque, du non-alignement. Parfait, nous voilà parties ! Il y a juste à trouver un rickshaw et à lui demander. Un, deux, trois. Aucun ne connait, aucun, à croire leurs yeux écarquillés, n’a entendu parler de quoique se soit de la sorte. Au point qu’on en viendrait à douter de l’existence de tout cela. Je vous passe les détails, mais après de longs pourparlers et une petite marche au milieu de nulle part, on finit par y arriver.

Et là, on nous dit qu’il faut une autorisation et son passeport pour visiter la High court. Nous n’avons ni l’un ni l’autre bien sûr, mais comme nous prétendons être des étudiantes en architecture venues de France rien que pour voir cette merveille, on nous laisse passer. De l’autre côté, nous la voyons enfin.

Chandigarh’s High Court

En s’éloignant pour réussir à faire rentrer l’imposante masse dans le cadre de nos appareils photos, nous croisons des militaires, qui nous abordent d’un original :

« Where are you from? »

Le genre de question que l’on nous pose plus de cinquante fois par jour et à laquelle on ne répond que très rarement, mais peut-être que le revolver à la ceinture a un côté incitatif.

– « France

– Oh France… And what are you doing in India?

– We are studying in Delhi for one year, exchange programm

– Oh … student. What university ?

– JNU*

– Good, good. What are you studying ?

– Political Science*

– Political… » Et là, ils éclatent tous de rire, à 200 mètres de la cour de justice de leur Etat.

*Ce n’est pas moi qui répondais aux questions, inutile de me rappeler que je suis en Peace Building and conflict resolution à la Jamia Millia Islamia.

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