Être une femme libérée, c’est pas si facile

1,24 milliard d’habitants en Inde en 2011. 1,24 milliard de personnes qui, chaque jour, vivent ou survivent, se nourrissent ou meurent de faim, travaillent ou font semblant. En France, il m’est arrivé de vouloir lire dans les pensées des gens, de connaître tout de leurs aspirations et de leur vie. En France, il m’arrive de deviner beaucoup sur une personne, sur son passé. En Inde, impossible. Comment imaginer ce que le chauffeur de rickshaw sur lequel je tombe environ une fois pas semaine vit au quotidien ? Quelle enfance a-t-il bien pu avoir ? Quel futur envisage le vendeur de momos* en bas de chez moi ?

Je n’ai pas de réponse à ces questions. Je ne peux pas leur demander, avec mon hindi d’enfant de 3 ans et ma tête d’occidentale condescendante. Je vais cependant essayer d’inaugurer un nouveau type d’articles pour vous raconter la vie de quelques Indiens que je croise. Pour connaître un pays, connais ses habitants. Et on va commencer par deux femmes. Etudiantes, relativement riches donc, puisqu’elles font des études. Mais, c’est plus important, libres. Enfin, pas tout à fait, mais les deux ont fait un grand pas émancipateur et c’est ça que je veux vous raconter.

J., hindoue de classe sociale (très) aisée, a annoncé un jour à ses parents qu’elle allait quitter leur maison pour vivre dans un appartement avec son copain, Z., musulman. Elle avait 19 ans et elle a perdu environ 200 amis et « connaissances ». Mais aujourd’hui, 3 ans plus tard, elle planifie déjà son mariage.

L’histoire de A., 21 ans, 1m55, se situe sur un terrain complètement différent. A. est l’une des seules filles à Delhi à conduire une moto. En effet, pour pallier aux galères des rickshaw-wallahs et au galère du trafic, quoi de mieux qu’un deux roues ? Sauf que d’habitude, les femmes utilisent des scooters, et les hommes des motos. Comment A. a-t-elle appris à conduire ? L’histoire est cocasse. A. allait au lycée avec une amie et voisine et rentrait avec elle. Un jour, son amie a eu un petit copain, qu’elle voyait principalement après le lycée, faisant attendre A. qui ne pouvait pas rentrer seule (les voisins se seraient posé la question de savoir ce que faisait l’amie en question). A., pour couvrir son amie sans devoir tenir la chandelle pendant des heures, a donc appris toute seule à conduire la moto du petit copain, et est partie visiter le quartier.

Moto pour les vrais bonhommes (photo: Internet)

Scooter (pour ceux qui ne voient pas la différence entre les deux)

Aujourd’hui, dans Delhi, il existe des femmes qui m’impressionnent.

* Pour ceux qui ne suivent rien, les momos sont des sortes de ravioles chinoises cuites à la vapeur ou frites, la plupart du temps vendues dans la rue par des immigrants tibétains ou népalais.

Publicités

2 réflexions au sujet de « Être une femme libérée, c’est pas si facile »

  1. Bravo,tu commence à être admise auprès des jeunes filles de ton age et qu’elles se livrent !.
    Tu deviens petit à petit une « indienne d’adoption » …
    Biz
    K

Manifester son admiration/son indignation

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s