Gandhi (1) Anecdotes de jeunesse britannique

Gandhi. Le père de la nation, le héros de l’Inde indépendante, la figure historique la plus connue du sous-continent. Je vais cependant éviter le cours d’histoire sur l’indépendance de l’Inde. J’aimerais plutôt écrire une série d’article sur le personnage, à la fois sur certains passages de sa vie que vous ne connaissez sûrement pas, sur sa vision de l’Inde, mais aussi sur la place qu’il occupe dans l’Inde d’aujourd’hui (la symbolique et les images, ce que les Indiens en pensent, mais aussi la manière dont la politique indienne moderne s’éloigne de ses enseignements). J’écrirais ces articles au fur et à mesure de mes rencontres, discussions et lectures et on verra bien ce que ça donne.

Gandhi, ferme opposant à la Partition, contemplant chaque soir le spectacle aux relents nationalistes se déroulant à la frontière Indo-Pakistanaise

Commençons par des anecdotes de jeunesse britannique, puisées dans les extraits de l’autobiographie du Monsieur, My experiments with truth, selection collectés et publiés par les éditions Penguin Evergreens (lesquelles publient généralement des livres de qualité, et je dis ça sans être payée pour le faire).

When London is calling, cast is not counting

Le premier combat de Mohandas Karamchad Gandhi, né en 1869 dans le Gujarat, fut celui qu’il mena contre sa sous-caste Modh Bania (« Bania » signifiant « marchant », cette sous-caste fait partie de la caste des Vaishyas, située entre les servants Shudras et les guerriers Kshatriyas, relire mon explication sur les castes coincée quelque part au milieu de cet ancien article) pour se rendre en Angleterre. La pratique des études à l’étranger n’étant pas ancrée dans les habitudes de cette caste, Gandhi essuya un refus sans appel. Qu’importe, il décida de partir quand même, se faisant radier de sa caste. Premier aperçu de l’appel de Londres ou de la détermination du personnage, au choix.

Gandhi vs. Rosbif

A l’arrivée en Angleterre, un deuxième combat commence. Contre les rosbifs. Je ne veux pas dire par là que Gandhi ne pouvait pas supporter les Anglais, ces délicates créatures, mais littéralement qu’il a du se battre au quotidien pour ne pas manger de rosbif, ni aucune autre forme de viande, ayant eu la bonne idée de promettre à sa maman indienne qu’il serait un bon fils bien végétarien comme il faut. Et en effet, encore aujourd’hui dans certaines couches de la société (hindoue particulièrement), il est bien vu de ne pas manger de viande. Ce qui, comme vous pouvez vous en rendre compte en suivant mes diverses aventures, n’est pas si difficile en Inde. Mais dans l’Angleterre de la fin du XIXème siècle, c’est une toute autre affaire. Heureusement, Mohandas est un dur à cuire, qui après quelques « experiments« , décide que le végétarisme doit bannir le poisson et les oeufs. Et parce que c’est super difficile et que ça ferait super plaisir à sa maman, ça le rend super heureux. Ce qui nous amène à une citation qui résume bien selon moi ce que devait être la cuisine végétarienne anglaise à cette époque : « Many such experiments taught me that the real seat of taste was not the tongue but the mind » (traduction simplifiée: le goût, c’est pas dans la langue, c’est dans la tête). J’imagine qu’il faut s’en contenter lorsque s’imposent ce genre de circonstances.

De l’éloge de la timidité

Dernier combat pour cet article (en fait, je n’ai pas fini le bouquin dont je vous parle, donc la suite sera pour plus tard) : contre la timidité. On n’imagine pas trop ce problème chez toutes les figures historiques dont on nous parle et pas non plus de Gandhi dont on se dit qu’il lui fallait bien la force du discours pour pallier à la force des armes. Et pourtant, jeune, il était bien en peine d’aligner trois mots cohérents en public, en témoignent ses histoires d’humiliation lors de gros diners organisés par son club de végétariens. L’avantage de n’être pas un très bon orateur est cependant celui d’apprendre très vite à synthétiser sa pensée en un nombre minimum de mots. Ainsi, dans la logique Gandhienne, un silence bien pensé vaut mieux qu’un tas de mots précipités.

Je me vois dans l’obligation de clore cet article sur ces sages paroles…

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Une réflexion au sujet de « Gandhi (1) Anecdotes de jeunesse britannique »

  1. … C’est le fameux plein contenu dans le vide , paradoxe qui renverse nos certitudes d’occidentaux ! Il nous pousse à dépasser le sentiment de « tolerance  » ou de « condescendance  » en une pensée philosophique d’ouverture, permettant à l’autre de se distancier lui même de ce qui l’entoure ( l’entourait) et qui pourtant semblait une évidence…
    ( tout ceci n’est finalement .. qu’un tas de mots précipités )….J’attends la suite…K

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