Le conflit Syrien vu de l’Inde

Je sors du silence auquel m’ont forcée une très mauvaise connexion internet d’une part, et un nombre de choses à faire indécent pour une année en Inde d’autre part. Ressuscitons ce blog en beauté: j’ai commencé un stage pour le journal indien Tehelka (publié en anglais) parallèlement à mes cours. Depuis un peu plus d’une semaine, j’ai travaillé sur des sujets assez variés, notamment à préparer des interviews.

Bouthaina Shaaban

Bouthaina Shaaban

Mais j’ai aussi assisté à une conférence de presse donnée par Buthaina Shaaban, la conseillère politique de Bashar al-Assad, président d’une Syrie en crise. Ce qui m’amène à partager deux documents (en anglais) avec vous, la vidéo prise par l’équipe de Tehelka, et (surtout), l’article que j’ai écrit à la suite de la conférence, qui traite plus spécifiquement du rôle des BRICS et de l’Inde dans le conflit Syrien.

Mon article est publié en anglais évidemment. Pour que tout un chacun puisse en profiter, voici une traduction en français.

*** La conseillère politique syrienne Bouthaina Shaaban était en Inde la semaine dernière pour demander son soutien au Premier Ministre Indien Manmohan Singh au sujet du conflit Syrien, toujours en cours. Sa visite en Inde fait partie du tour des BRICS qu’elle entreprend actuellement. Confronté à la montée de la violence dans le pays qui a subit plus de 70 000 morts et un million de réfugiés depuis le début du conflit, ainsi qu’au soutien des pays Occidentaux aux forces rebelles; le gouvernement Syrien recherche une alternative au sein de la communauté internationale.

Bouthaina Shaaban essaye de convaincre les BRICS de prendre une décision ferme pendant la rencontre à venir, et de soutenir une solution politique en Syrie. Elle a révélé au cours d’une conférence de presse le 8 mars dernier qu’un plan en 6 points incluant la fin immédiate de la violence avait été préparé à Genève en Juin 2012. Cependant, le plan n’avait pas été accepté par l’opposition syrienne et les pays occidentaux, qui y ajoutèrent la condition supplémentaire du départ du Président Bashar al-Assad.

Cette exigence des « forces occidentales » est considérée comme une menace à la souveraineté Syrienne. L’indépendance de la Syrie est un point sur lequel Shaaban a insisté dans le but de convaincre l’Inde et les autres pays des BRICS d’aider son gouvernement à surmonter la crise à laquelle il fait face depuis 2010. Le véto de la Russie ou de la Chine au Conseil de sécurité des Nations Unies ont déjà limité l’intervention armé en Syrie. Mais le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud sont trois démocraties qui pourraient aussi bien choisir de soutenir les démocraties occidentales contre le gouvernement syrien. Consciente de ce fait, Shaaban n’a pas mentionné le système politique de son pays en tant que tel, mais a simplement mis en valeur son engagement envers les Syriens: « Je ne crois pas du tout que l’enjeu soit le Président ou le système syrien. L’enjeu est la Syrie et les Syriens » avant de pointer du doigt les limites de l’engagement démocratique de l’Ouest. « Les forces occidentales parlent des droits de l’homme, de la liberté et de la démocratie, mais je voudrais juste vous inviter à repenser à ce qui s’est passé en Irak. » A propos de son propre pays, elle a insisté sur le rôle létal que les puissances  démocraties jouent avec l’aide de leur moins démocratiques/laïques alliées comme la Turquie, le Qatar ou l’Arabie Saoudite.

Le but de la visite de Bouthaina Shaaban était de contrer l’influence de l’Occident et des pays du Golfe, et elle semblait plutôt satisfaite. Elle a loué la compréhension du gouvernement indien et sa volonté de mettre fin à la violence. Elle a souligné l’importance des BRICS sur la scène internationale, pour leur point de vue plus nuancé et parce qu’ils « introduisent de la raison ». Cependant, selon elle, l’Inde et les BRICS en général ne se font pas assez entendre par la communauté internationale. Elle a déclaré que les BRICS devraient être plus assurés de leur pouvoir et ainsi capables de prendre une décision tranchée en faveur du gouvernement syrien. »

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Café in Delhi: a long quest

FRENCH VERSION YET TO COME – VERSION FRANÇAISE À VENIR

This article would not exist without a friend who helped me in my quest for good coffees. Thank you.

I’ve already talked a lot about the indian national way to make tea, with milk, spices and sugar (the famous chai). I have become used to it, and drink some everyday now. However, it is not a perfect substitute to my parisian morning coffees (mornings or sleepless nights). Apart from the level of caffeine in it, another difference between « un café » and « ek chai » is the context: in Paris, when you meet someone over a coffee, you sit and take one hour to drink the 10cL of magic beverage. And you pay 2€. In New Delhi, you just go to a street corner chai walla, and you drink your chai standing alone in 1 minute. And you pay 5 Roupies (0.07€).

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The first time I heard about coffee in India was at the canteen of my university, when students asked for a cold coffee. Then I started to investigate the « coffee issue » in India.
– First, let me prevent all your future disappointments: when you see « coffee » written on a menu card, it is not an expresso, it’s a Nescafe powder soluble in water with a lot of milk and sugar in it. The cold coffee is the same thing, but just as cold as it sounds. It is not bad if you forget that it’s supposed to be coffee. So if you want something closer to what can be called coffee, better ask for « black coffee » (it will be a garam – hot – one).
– Second, let’s talk about this « black coffee ». Several kinds of beverage will be served. The soluble without any sugar or milk is the worst one (and the more common, unfortunately). However, if you are in a South Indian restaurant (or in South India…), you can order a filter coffee. It’s still not the Italian Expresso I dream of but it is pretty much acceptable.

Picture taken from the Internet

Picture taken from the Internet

– Third and last thing to know about coffee: My two first points were about Indian coffee. But, thanks to globalization (or because of it), one can now find « westernized coffee » in specific places. Not many Starbucks in India yet (the first one just opened in Mumbai-Bombay in 2012 and there are none in Delhi), but some « Indian Starbucks« . The most famous one is Café Coffee Day (CCD, to be pronounced « si.si.di » if you want to follow the trends, and if you don’t want to pronounce a name that does not mean anything), an Indian   brand. There are so many of them in India ! You’ll also find a lot of Costa Coffee (UK) or The Coffee Bean (US) even though they are a bit less popular outside of big cities. Indian wealthy youths are the typical clients of these places. Coffee there tastes more like coffee in Europe. Expresso, cappuccino, mocha… it’s nothing outstanding for the -rather high- price (I would say 80 – 120 INR // 1.10 – 1.70€ per cup), but there are not much places apart from these where you can hang out. In France, I would not like these places that much, because it is quite easy to find a quiet and sunny terrace to enjoy a drink. In Delhi (and India), not only are « cafés »-drinks hard to find, but « café »-places also. And God, I truly miss both of them*.

*Maybe it justifies the fact that I drink four cups of chai everyday. Or maybe not.

Gandhi (2) La Tour Eiffel – The Eiffel Tower

ENGLISH VERSION BELOW

Après les Anecdotes de jeunesse britannique, la série des Gandhi continue, toujours basée sur l’autobiographie du monsieur.

La Tour Eiffel ? Quel est le lien avec Gandhi, le héros de l’Inde ? Eh bien, Gandhi y a été, et vu que ça fait plus de trois mois que je suis en Inde, je peux avouer sans honte qu’il arrive que la dame de fer parisienne me manque de temps à autres… J’ai donc trouvé le meilleur prétexte que j’avais sous la main pour vous en parler et pour ressortir quelques photos prises ces deux dernières années.

Feux d’artifices, 14 Juillet 2011. Fireworks, 14th of July 2011.

Gandhi vint donc en 1890 à l’Exposition universelle de Paris, occasion pour laquelle la Tour Eiffel fut initialement construite. A part le fait que Gandhi ait mangé au restaurant de la tour (mais comme il n’en dit pas la nom, je n’ai pas pu vérifié si c’était déjà le Jules Verne), je voulais partager une pensée qu’il exprime sur le but de la Tour Eiffel :

« Je dois dire un mot sur la Tour Eiffel. Je ne sais pas à quoi elle sert aujourd’hui. Mais j’ai entendu qu’elle avait été beaucoup décriée, et autant louée. La Tour Eiffel n’est pas une œuvre d’art. Dans aucun cas il peut être dit qu’elle a contribué à la beauté de l’exposition. Les hommes affluaient pour la voir et montaient parce que c’était une nouveauté, et aux dimensions uniques. C’était le jouet de l’exposition. Aussi longtemps que nous sommes des enfants, nous sommes attirés par les jouets, et la Tour offre une belle démonstration du fait que nous sommes tous comme des enfants attirés par une babiole. Tel est peut-être le but que l’on peut revendiquer pour la Tour Eiffel. »

Mais pour moi, c’était avant tout un point de repère incroyablement beau et utile quand je me baladais en Vélib à Paris. Et maintenant, c’est aussi un tas de souvenirs…

ENGLISH VERSION

Based on My Experiments with the truth, M. K. Gandhi, Selections from Penguin Evergreen editions. 

The Eiffel Tower? What is the link with Mahatma Gandhi, India’s hero? Well, my friends, Gandhi went there, and since it’s been more than three months that I’m in India, I can admit without shame that I miss the parisian iron lady sometimes… So I found the best pretext I could to talk about it and share some pictures I took the last two years

Janvier 2011 – January 2011

So Gandhi went to Paris 1890 Great Exhibition, for which the Eiffel Tower was initially built. Apart from the fact that he ate at the tower’s restaurant (as he does not mention the name, I don’t know if it was already Le Jules Verne), I wanted to share a thought he has on the purpose of the Eiffel Tower: 

« I must say a word about the Eiffel Tower. I do not know what purpose it serves today. But then I hear it greatly disparaged as well as praised. (…) There is no art about the Eiffel Tower. In no way can it be said to have contributed to the real beauty of the Exhibition. Men flocked to see it and ascended it as it was a novelty and of unique dimensions. It was the toy of the Exhibition. So long as we are children we are attracted by toys, and the tower was a good demonstration of the fact that we are all children attracted by trinkets. That may be claimed to be the purpose served by the Eiffel Tower.« 

To me, it has also been an incredibly beautiful and useful landmark when I rode a Velib (bicycle) in Paris. And now, it is also a lot of memories… 

Les perles de Bollywood (1) English Vinglish

THIS IS AMAZING AND BRAND NEW ! AN ENGLISH VERSION OF THIS ARTICLE IS AVAILABLE BELOW ! SCROLL DOWN !

Samedi dernier, c’était un peu la glande dans ma coloc’. Après avoir trainé la moitié de la journée en pyjama, on était en train de se boire du thé (chinois) au jasmin en se vautrant dans nos affreux canapés, quand on s’est dit que quand même il fallait faire quelque chose. Or, un cinéma pas trop loin de là passait un film à l’odeur alléchante dans la soirée : English Vinglish (ne cherchez pas, « vinglish » ne veut rien dire).

Comme je suis très cool, j’ai trouvé la bande annonce avec des sous-titres en Français :

ATTENTION. Si vous comptez voir ce film un jour et que vous tenez absolument à conserver l’énooooorme suspens entier, ne lisez pas ce qui va suivre. (et c’est la première fois que je vous autorise à ne pas lire un article – du coup pour vous rattraper vous pouvez relire tous les autres)

Laddus (ou Laddoos) (Photo: Flickr)

Pour faire court (c’est pas comme si l’intrigue était compliquée en même temps), English Vinglish relate l’histoire d’une mère au foyer indienne qui se consacre à la confection de Laddus (pâtisseries indiennes). Elle a un mari, deux enfants et un autre problème dans la vie : elle ne sait pas parler Anglais. Problème pas si gênant jusqu’au jour où elle doit se rendre à New York pour le mariage de sa soeur (oui, ce n’est pas un Bollywood de pauvres). Là, elle décide de prendre des cours d’Anglais en secret de sa famille, notamment pour tous les impressionner après et comprendre ce qu’ils disent dans son dos. En plus, il y a un « hot French guy » dans son cours, qui est lui aussi cuisinier (bah oui tiens). Mais la bonne épouse indienne repousse la tentation et reste fidèle à son mari chéri, qui finit par plus ou moins comprendre qu’elle n’est pas si cruche.

English Vinglish est carrément digne de Bollywood pour un tas de raisons. Florilège :

Il y des vraies stars dedans, notamment Amitabh Bacchan et Sridevi. Le premier est LA star de Bollywood ; l’équivalent indien de George Clooney, en un peu plus vieux et sûrement un peu plus riche. C’est de lui que le héros de Slumdog Millionaire veut tellement avoir un autographe qu’il finit -littéralement- dans la merde. Il fait une apparition éclair dans ce film, fortement applaudie et sifflée par les spectateurs surexcités de notre salle. Sridevi, dans le rôle principal, est une actrice old generation elle aussi (1980-90), qui fait son retour au cinéma avec ce film. Un retour qui la rajeunit littéralement, puisque, chirurgie esthétique et/ou magie de Bollywood, l’actrice de 49 ans en paraît facile 15 de moins.

Il y a du drame, il y a des tensions, il y a de l’amour, il y a la famille et tout finit plutôt bien. Et il y a des chansons. Des chansons qui valent le coup. Je vous mets la vidéo de l’une d’elle, à regarder avec le son au maximum, sinon c’est pas drôle.

 Au fait, je n’ai pas compris pourquoi l’héroïne (jouée par Sridevi donc) entre dans toutes ces boutiques alors qu’elle continue à porter des saris et autres tenues traditionnelles pendant tout le film. Bref.

 Pour finir, voici quelques raisons d’aller voir ce film (ou, au moins, des raisons pour lesquelles j’ai aimé aller voir le film)

– Les cinémas indiens
Une importante partie du film est en Anglais, ce qui le rend facilement compréhensible même pour ceux d’entre nous qui ne sont pas bilingues en hindi (d’autant qu’il n’y a généralement pas de sous-titres dans les films indiens).
– Le Français dans le film est tellement un cliché à lui tout seul que je riais à chaque fois qu’il disait quelque chose. Il tombe amoureux de l’héroïne (marriée) et lui offre une crêpe en disant que c’est une sorte de « Laddu français » (or vous avez vu sur la photo à quel point ça n’a rien à voir). Ensuite il lui fait une déclaration d’amour en public. Et enfin, il y a une partie du film où elle lui parle en hindi et il répond en français. Donc au moins je comprenais la moitié du dialogue (pas la même moitié que le reste de la salle mais quand même).
– Le sujet, apprendre l’anglais, dit tout de même quelque chose des préoccupations de la société indienne, en particulier des plus riches, et ce n’est pas inintéressant pour un oeil étranger.

Bref, avec un peu de second degré, ce film nous a permis 2 ou 3 heures de franche rigolade (une bonne grosse marrade comme disait la pub).

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ENGLISH VERSION

Please, do not focus on the spelling and grammatical mistakes, I know my English is not perfect. However, you can tell me about them so that I can improve the quality of both my blog and my English. Here we go : 

Last Saturday, laziness was setting in my flat.  After spending half the day in pyjama, we were drinking Chinese jasmine tea lolling in our ugly armchairs, when we figured out that we should do something.  And it just so happened that a movie theatre nearby was showing a promising movie that evening : English Vinglish.

WARNING : If you intend to see this movie one day and would like to preserve the incredible suspense,  I advise you not to read the following.

To sum it up (the plot is not very complicated anyway), English Vinglish deals with the story of an Indian housewife whose life is dedicated to the preparation of Laddus (Indian sweets, you can check the picture above). She’s got a husband, two kids and another problem : she doesn’t speak English. This problem is not that annoying till the day she has to go to New York for her sister’s wedding (yeah, this Bollywood is not about poor people). There, she decides to take English classes, without telling anyone from her family, in order to impress them and to be able to understand what they say on her behalf. Moreover, there is a hot French guy in her class, who happens to be a cook (that is a kind of a cliché isn’t it ?). Anyway, as she is a great Indian spouse, she will resist the temptation and remain loyal to her beloved husband, who finally ends up realising his wife is not that stupid. 

English Vinglish deserves its Bollywood appellation for a lot of reasons. Here is a selection :

Amitabh & Sridevi in English Vinglish

There are true Bollywood stars playing in it, including Amitabh Bachan and Sridevi. First, Amitabh Bachan, THE Bollywood icon ; a kind of Indian version of George Clooney, even though he is slightly older and probably wealthier. At the beginning of the movie, the kid main character of Slumdog Millionaire, wants an autograph from him so badly that he –litteraly- ends up in deep shit. Amitabh apparition in English Venglish was loudly applauded and hissed by the over-excited spectators. Sridevi, who holds the main role, is an actoress from “old generation” Bollywood stars (1980s-90s) and makes a comeback with this movie. A rejuvenating comeback ; I don’t know if it is thanks to plastic surgery or the magic of Bollywood, but she is 49 and looks 15 years younger.

 There is drama, there is tension, there is love, there is family, and everything ends quite well. And there are songs. I mean, songs that worth being listened to (and seen ; dances are very important !). I’m giving one to you. One rule : you have to listen to it with the sound turned on the maximum. Check it on the French version (second video).

By the way, I did not understand why the main character (played by Sridevi) enters in all those shops, as she is always dressing with saris and traditional Indian clothes. Anyway.

Last but not least, here are some reasons for you to watch this movie (or reasons why I liked watching it) (I guess this part is not very relevant for Indian people, sorry guys).

– Indian cinemas are fun
A big part of the movie is in English, so it’s easy to understand even if you are not fluent in hindi (subtitles are generally not available)
– The French guy is so much a cliché that I laughed every time he was saying something. He falls in love with the woman (who is married) and offers her a crêpe, saying it is like a “French Laddu”. Then he makes a public love declaration. I also like the parts of the movie when she talks to him in Hindi and he replies in French. So at least I was understanding half of the dialogue (not the same half than most of the spectators but still).
– Moreover, the subject of the movie, which is learning English means something about Indian society (especially upper-classes) main concerns. That is interesting for a foreigner like me. 

To sum it up, we did not take everything seriously, enjoyed the movie and laughed a lot during 2 or 3 hours.