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Dernier jour en Inde, Marine Drive, Bombay

Dernier jour en Inde, Marine Drive, Bombay

Mon année en Inde s’est achevée le 5 juin 2013. Ce blog va rester en vie le temps de me permettre de finir de partager quelques expériences de mon retour. Expériences tellement riches qu’elles ne m’ont pas laissé le temps nécessaire pour les commenter.

L’Inde, ce n’est pourtant pas fini pour moi. Il y a les gens auxquels je tiens, les petites habitudes qui ont changé, et les nouveaux intérêts qui accompagnent mes pensées.

Je ne sais si je tiendrais ma promesse d’y revenir – Inshallah. En attendant, je bats la nostalgie qui essaie de s’installer en vivant d’autres aventures !

Les prochaines pages de ma vie : la Turquie, l’Italie, et -finalement- la France. A temps pour le 14 juillet !

En espérant que vous avez apprécié suivre mes aventures.

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Trek au Nepal, mode d’emploi façon meuble IKEA

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Modèle: NT.

Par voie aérienne, terrestre ou souterraine (réduction de 50% pour les fous de la 3ème option), vous entrez dans le grand supermarché du TREK appelé Népal. Le choix est immense, et les noms tout aussi farfelus qu’à IKEA. Certains, tout comme l’illustre bibliothèque Billy, sont des classiques indémodables : Camp de base de l’Everest, tour des Annapurna. Certes. Mais le prix est légèrement plus élevé que le range-livres suédois, même en roupies népalaises. Donc, il faut varier, et trouver son trek sur mesure. Pour nous, ce fut le Langtang.

Présentation de l’objet : Langtang heritage trek
– location au sein de notre boutique : à quelques tumultueuses heures en bus au nord de Katmandou, capitale, à une vingtaine kilomètres du Tibet seulement.
– hauteur : 3200 mètres,
– longueur : 4 ou 5 jours,
– couleur, design et particularités de l’objet : du vert rizière, des villages tibétains et des sommets enneigés au loin.
– prix : 80€, livraison transport, mode d’emploi guide et permis du gouvernement inclus.

Précautions d’emploi !

1. Le bus népalais local est réservé aux experts des TAHR (Transports A Haut Risque). En théorie disposant de 40 places assises, il contient en réalité 120 personnes dedans et dessus (et je ne veux pas savoir combien sont passées dessous), une trentaine de sacs de randonnées, des sacs de riz/patates/maïs, des bouteilles de gaz, des cartons de vaisselle (en métal) etc… Le concept de « route » est abandonné au profit de celui, plus drôle, d' »étroit sentier bordé de ravin, avec des cailloux, parfois d’énormes flaques d’eau, des virages en épingles à cheveux et souvent une moto à contresens qui arrive dans une montée » et le concept de « conduite régulière, prudente et mesurée » oublié pour « un chauffeur en marcel qui accélère dans les descentes et pendant les virages en klaxonnant parce qu’on va pas y passer la nuit ». Si vous avez peur de mourir, une relaxante musique à base de piaillements d’oiseau, de violons suraigus, et de voix de femme hystérique criant des paroles d’amour en hindi vous distraira sûrement. Prévoir bouchons d’oreille, anti-vomitifs et fermer les yeux. 

Notre bus, une fois le devoir accompli

Notre bus, une fois le devoir accompli

2. L’acquisition de l’objet Trek du Langtang entraine un renoncement temporaire à d’autres objets de la vie de tous les jours auquel l’acheteur n’est pas habitué : Internet, téléphone, électricité (souvent), salle de bain individuelle, eau chaude, et, dans les cas les plus extrêmes, eau tout court.

Décharge de responsabilité : 

a) L’absence d’exercice physique et/ou le fait de vivre dans une ville archi-polluée pendant une année entière augmente la difficulté d’utilisation du Trek Langtang. Le Népal ne saurait être tenu responsable d’effets secondaires dus à une utilisation du Trek Langtang dans de telles conditions (courbatures, courbatures, courbatures).

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Une petite pente, douce… Avant de repartir pour 800m de dénivelé….

b) Les attaques d’araignées et de serpent sont fréquentes au contact du Trek du Langtang. Il s’agit pour chaque acheteur de se montrer prudent et de ne pas céder à l’hystérie collective.

Utilisations et bénéfices de l’objet Trek du Langtang

Le trek du Langtang favorise les rencontres avec des Népalais-e-s intéressant-e-s et adorables.

Neema, gérante de la Pema guesthouse.

Neema, gérante de la Pema guesthouse.

Manger de la crème de marron française à 2700m d’altitude est un moment que vous n’oublierez jamais.

Garanties :

1. Le Trek du Langtang est garanti sans pollution, sans klaxon et sans voitures.

2. Le Trek du Langtang est garanti Daal Bhât de qualité dans tous les lodges qu’il contient. C’est en plus le seul moment dans votre vie pendant lequel vous aurez l’impression de mériter toutes ces calories…

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Le Daal Bhât : du riz, du daal (soupe de lentilles), un curry de légumes et pommes de terre, et parfois du poulet. Matin, midi et soir.

3. Le Trek du Langtang est garanti (presque) sans touriste(s).

4. Le Trek du Langtang est garanti paysages magnifiques et souvenirs mémorables. 

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Trouver ses limites

Globalement, on apprend à supporter pas mal de choses. Parfois parce qu’on ferme les yeux, c’est vrai ; parfois parce qu’on arrive à mieux comprendre ce qui nous entoure. Mais il y a des moments où l’on perd un peu patience, et où l’on atteint ses limites (ce qui prête plus ou moins à conséquence).
Parce que ouais, dès fois, même si t’es en Inde, tu trouves que ça fait beaucoup :

– de te faire harceler par deux vendeurs de ballons de foot, deux vendeurs de torchons, un vendeur de journaux, un vendeur de fleurs et deux mendiants en un seul feu rouge ;

– de rouler plus de 30km à 4 dans un rickshaw ;

– de boire ta 8ème tasse de chai de la journée ;

– de passer 48 heures dans un train ;

– de devoir refuser le 15ème « mec relou » qui t’ajoute en ami sur Facebook ;

– d’attendre ton prof pendant plus d’une heure. 3 jours sur 4 ;

– de croiser 50 hommes dans la rue pour 2 femmes une fois que le soleil est couché ;

– d’avoir pris plus de 5000 photos depuis ton arrivée ;

– de te faire réveiller 4 fois pendant ta sieste par des pubs Vodafone.

Ce pays me surprendra jusqu’à la dernière seconde. Qui sera sûrement une seconde chaude et sèche, coincée quelque part entre le 4 et le 10 juin 2013.

Inshallah.

Des rencontres où il est question de religion, de hasard, de destin et de karma.

Ça y est, je suis de retour à Delhi, chez moi, après une nuit dans un train pas si désagréable que l’on aurait pu s’y attendre, malgré les ronflements peu discrets de l’un de mes voisins. Ces cinq jours furent incroyables ; je crois que j’ai dit « wahou c’est beau ! » et « Ooooh regarde comme c’est magnifique !! » à peu près 10 fois par heure. Et en plus des monuments visités, on a fait plein de rencontres très intéressantes. Ce qui va donner lieu à un long et passionnant article richement illustré (il faut bien ça de temps en temps).

Pas d’argent mais un peu quand même à Fatehpur Sikri

Adhérant au mythe entourant la création de la ville de Fatehpur Sikri, des milliers de femmes indiennes viennent faire le voeu d’avoir un enfant devant la tombe de l’ermite Sheikh Salim Chishti.

La tombe de Sheikh Salim Chishti

Cet ermite aurait permis à l’empereur Akbar (empereur moghol du 16e siècle), par sa bénédiction, d’avoir enfin une descendance digne de ce nom (c’est-à-dire trois fils). Par reconnaissance, Akbar construit sa capitale à Sikri, passant outre les risques de problèmes d’approvisionnement en eau, qui causèrent l’abandon de la cité quelques dizaines d’années après sa construction. Apparemment, le pouvoir de cet ermite dépasse les frontières, puisqu’il semblerait que même Carla Bruni en ait bénéficié. Comment je le sais ? C’est la première rencontre, la plus mitigée.
En demandant notre chemin dans la ville, on se fait guider jusqu’à la mosquée puis à l’intérieur du monument par un jeune indien francophile un peu trop sympathique. Voyant notre méfiance, il nous assure ne pas être intéressé par l’argent (moui) mais seulement par le fait de parler français pendant qu’il est en vacances blablabla. On ne sait pas trop comment lui dire de s’en aller, on décide donc de lui laisser sa chance, tout en restant sur nos gardes évidemment. Il nous raconte des anecdotes assez marrantes (dont celle que je vous ai rapportée). Mais évidemment, à la fin de la visite, il prend congé en nous réclamant un tip, assez lourdement. Décevant.

De l’eau du Gange dans un train 

Mes tentatives pour prendre en photo le soleil couchant

Après quelques longues et angoissantes minutes dans les embouteillages causés par un festival, un peu de marche très rapide, et une course en rickshaw endiablée (oui je romance un peu), nous parvenons à prendre notre train pour Gwalior à l’heure. Et il aurait été dommage de le rater ! D’une part parce que le trajet en bus dure deux fois plus longtemps, et d’autre part, parce que cela fut une bonne occasion de pratiquer notre hindi de « 3 mois d’Inde ». Ainsi, me voyant un peu en peine à tenter de prendre le soleil en photo par la fenêtre du train, un petit vieux m’aborde et commence à me raconter sa vie en hindi. Je ne sais pas comment on en est arrivé là, mais il m’a expliqué qu’il était monté dans le train à Haridwar avec son bidon d’eau du Gange (ça vous rappelle quelque chose? Normal, j’en parlais ici) pour retourner chez lui à Gwalior. Sans que je ne m’en rende tout de suite compte, je me suis retrouvée entourée par une dizaine d’Indiens fascinés. Ce qui donnait à peu près ça.

Ensuite, mes amies sont venues à ma rescousse et ont eu le droit à un interrogatoire en règle sur leur(s) dieu(x) préféré(s). Après avoir vaguement tenté d’expliquer qu’elles étaient athées (alors qu’elle connaissaient le mot pour athée en hindi, ils ne l’ont pas compris), elles ont finit par évoquer Ganesh, le dieu éléphant. Principalement parce qu’il est marrant et facile à reconnaître. Ensuite, un des hommes a fouillé pendant un quart d’heure dans son portefeuille pour trouver les images de ses Dieux préférés et nous les montrer.

Ganesh (photo prise à Delhi)

20 roupies et un henne gratuit pour le karma

Direction Orchha pour la suite de nos aventures. Après une journée de visites et une pause au bord d’une rivière, on dine dans un restaurant assez sympathique.

« Escaliers » de l’hôtel avec la rue principale d’Orchha en toile de fond.

Le lendemain, alors qu’on se balade dans la rue principale d’Orchha, un monsieur en vélo nous interpelle.Il nous tend un billet de 20 Roupies et on reconnait le patron du restaurant de la veille, qui explique qu‘il est vraiment terriblement désolé de s’être trompé sur l’addition hier soir, et heureusement il nous a retrouvées. Et pour la peine il nous invite à un henné gratuit avec sa fille. Un moment qui fait chaud au coeur.

Attendre que ça sèche.

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’un Indien insiste autant pour nous rendre la monnaie, même lorsqu’il s’agit de sommes dérisoires. Apparemment, l’explication tient au fait qu’il est nécessaire de mourir et d’entamer une nouvelle vie (les hindous croient en la réincarnation) sans dettes. C’est mieux pour le Karma, on a plus de chances de se réincarner en être humain qu’en limace et on n’aura pas besoin de consacrer sa prochaine vie à retrouver ceux auxquels on devait quelque chose dans la vie précédente. Quant à nous, on ne s’en est pas plaintes…

Un Sadhu au sommet des collines

Dernière rencontre que je vous raconte, toujours à Orchha. Nous louons des vélos pour aller faire un petit tour dans les campagnes environnantes. A un moment, alors que nous faisons un petite pause à l’ombre, une petite vieille nous interpelle en nous demandant (en hindi) où nous allons et en s’inquiétant de la chaleur et du soleil (je demande à mes camarades en France, en Allemagne, en Suède, en Russie, au Canada ou dans d’autres pays faits pour les pulls en laine de bien vouloir m’excuser, mais tout le voyage s’est déroulé en T-shirt à manches courtes et nous avons bien bronzé. Oui, un 27 octobre).

LE temple hindou

 On lui dit qu’on se promène (d’ailleurs, je dois dire que j’ai utilisé le verbe « se promener » en hindi bien plus que ce à quoi je m’attendais). Elle nous répond d’aller au temple hindou perché sur la colline, et qu’en plus il y a un sadhu alors ça nous fera du bien. On obtempère en la remerciant. On monte un peu en vélo puis abandonnons les montures et finissons à pied jusqu’à cette merveille de kitsch.

L’hindouisme vu de l’intérieur

Enfin nous rencontrons le vénérable sadhu qui nous salue d’un signe de tête avant d’entreprendre la descente jusqu’au village. Petit cours qui s’impose de lui-même : qu’est-ce qu’un Sadhu ? (prononcer »sadou ») Le sadhu est la version indienne d’un ermite : c’est un homme qui renonce à ses biens et à ses relations sociales pour se consacrer uniquement à la religion hindoue.

3000

Aujourd’hui, en rentrant chez moi après une balade à la BookFair de Delhi, l’équivalent indien du Salon du livre mais où tout est à moitié prix, j’ai ouvert les statistiques du blog pour valider un commentaire. Et là, je suis tombée sur ça :

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Oui, vous avez bien vu !

ImageVoilà. Vous allez me prendre pour une folle qui scrute consciencieusement chaque nouveau visiteur, mais même pas ; c’est le hasard du traffic jam justement dosé qui a fait que je ne me suis connectée ni à 2999, ni à 3001, mais là, maintenant, à 3000. Du coup, j’ai trouvé que vous méritiez un petit article bonus.

3000 Roupies : L’équivalent d’un peu plus de 42€ ou de 600 bananes.

3000 Kilomètres : La distance Chandigarh (Nord de l’Inde) – Kanyakumari (extrême Sud de l’Inde)

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3000 Photos : nombre de photos que je compte faire de l’Inde. Ou que les Indiens comptent faire de moi (être blanc-he procure le statut spécial de monument touristique et vous rend cible potentielle d’un mitraillage photographique acharné).

3000 Mots… d’hindi : but minimum à atteindre d’ici à la fin de l’année. Je pense être à 10% pour le moment, oups.

3000 Personnes : qui me fixent à chaque instant, où que j’aille, quoique je fasse. Ok, c’est peut-être un peu exagéré. Peut-être.

3000 épices : qui se battent contre mon estomac tous les jours depuis le début du voyage. D’ailleurs, je tenais à publiquement annoncer que j’ai bu de l’eau du robinet. Chez moi, par inadvertance. C’est un peu stupide, mais à ma décharge, j’étais fatiguée. Bilan de cette expérience : ça passe avec un spasfon et un peu de courage.

3000 mercis et autant de bises : c’est tout ce que je vous fais. Continuez à me lire, je continuerais à vous écrire.

Allez, je repars à l’aventure !