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Dernier jour en Inde, Marine Drive, Bombay

Dernier jour en Inde, Marine Drive, Bombay

Mon année en Inde s’est achevée le 5 juin 2013. Ce blog va rester en vie le temps de me permettre de finir de partager quelques expériences de mon retour. Expériences tellement riches qu’elles ne m’ont pas laissé le temps nécessaire pour les commenter.

L’Inde, ce n’est pourtant pas fini pour moi. Il y a les gens auxquels je tiens, les petites habitudes qui ont changé, et les nouveaux intérêts qui accompagnent mes pensées.

Je ne sais si je tiendrais ma promesse d’y revenir – Inshallah. En attendant, je bats la nostalgie qui essaie de s’installer en vivant d’autres aventures !

Les prochaines pages de ma vie : la Turquie, l’Italie, et -finalement- la France. A temps pour le 14 juillet !

En espérant que vous avez apprécié suivre mes aventures.

Un café à Delhi : une longue (en)quête.

English version of this article available here. 

Cet article n’aurait pu exister sans l’aide que j’ai reçue dans ma quête d’un bon café. Merci. 

J’ai déjà beaucoup parlé dans ce blog du thé à l’indienne avec du lait, des épices et du sucre (le fameux chai). J’en suis désormais une habituée et j’en bois tous les jours. Cependant, ce n’est pas un substitut parfait à mon café matinal parisien (matinal quand ce n’est un café de nuit blanche). A part le taux de caféine des deux boissons, une autre différence entre un café et un chai est le contexte dans lequel il est bu : à Paris, rencontrer  quelqu’un pour boire un café implique de s’asseoir et de consacrer la prochaine heure à boire les 10cL de la magique boisson. Et de payer 2€. A New Delhi, il suffit d’aller au chai-walla au coin de la rue pour boire son chai debout, seul, en une minute. Et de payer 5 Roupies (0.07€).

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La première fois que j’ai entendu parler de café en Inde, c’était à la cafet de mon université, quand des étudiants ont demandé un « cold coffee » (café froid). J’ai donc commencé à enquêté sur la question du café en Inde.

– Premièrement, voici de quoi éviter pas mal de déceptions : quand le mot coffee est écrit sur un menu, il ne s’agit pas d’un expresso, mais de Nescafé soluble avec beaucoup de lait et de sucre. Le cold coffee est préparé de la même manière, mais servi aussi froid que son nom le laisse entendre. Ce n’est d’ailleurs pas mauvais, à condition d’oublier que c’est censé être du café. Si vous voulez quelque chose qui se rapproche un peu de ce qu’il est acceptable d’appeler un café, il va falloir demander un black coffee (café noir). Ce sera un café chaud.

– Deuxièmement, penchons nous sur ce café noir. Car plusieurs types de boissons se cachent sous cette appellation. Le café noir à base de Nescafé soluble sans lait ni sucre est la pire (et la plus répandue malheureusement). Cependant, si vous allez dans un restaurant d’Inde du Sud (ou carrément, en dans le Sud de l’Inde…), vous pouvez commander un « filter coffee » (café filtré). Ce n’est toujours pas l’expresso à l’italienne donc on peut rêver mais c’est à peu près correct.

Picture taken from the Internet

– Troisième et dernière chose à savoir à propos du café: mes deux premiers points étaient à propos du café indien. Mais de nos jours, grâce (ou à cause de) la mondialisation, on peut désormais trouver du « café occidental » dans certains endroits. Il n’y a pas encore beaucoup de Starbucks en Inde (le premier a ouvert à Mumbai-Bombay en 2012 et il n’y en a aucun à Delhi), mais il existe des « Starbucks à l’indienne ». Le plus connu est Café Coffee Day (CCD, à prononcer « si-si-di » pour être dans la tendance et pour éviter de prononcer en entier un nom qui ne veut rien dire), une chaîne indienne. Il y en a tellement partout en Inde ! On peut aussi trouver des Costa Coffee (chaîne anglaise) et The Coffee Bean (chaîne états-unienne), mais ces deux-là sont un peu moins populaires en dehors des grosses villes. Les jeunes Indiens riches forment la clientèle type de ce genre d’endroits, où le café a un peu plus le goût d’un café européen. Expresso, cappuccino, moccha… rien d’exceptionnel pour le prix -plutôt élevé- (entre 80 et 120 Roupies // 1.10 et 1.70€ par tasse), mais il n’y pas beaucoup d’autres endroits où l’on peut aller trainer. En France, je n’aimerais pas tellement ce genre d’endroit, parce qu’il est assez facile de se trouver une terrasse calme et ensoleillée où prendre un café. A Delhi (et en Inde en général), non seulement il est difficile de trouver un café (boisson) digne de ce nom, mais un café (lieu) aussi ! Et, sincèrement, les deux me manquent terriblement*.

* Cela justifie peut-être mes quatre tasses de chai quotidiennes. Ou peut-être pas.

Café in Delhi: a long quest

FRENCH VERSION YET TO COME – VERSION FRANÇAISE À VENIR

This article would not exist without a friend who helped me in my quest for good coffees. Thank you.

I’ve already talked a lot about the indian national way to make tea, with milk, spices and sugar (the famous chai). I have become used to it, and drink some everyday now. However, it is not a perfect substitute to my parisian morning coffees (mornings or sleepless nights). Apart from the level of caffeine in it, another difference between « un café » and « ek chai » is the context: in Paris, when you meet someone over a coffee, you sit and take one hour to drink the 10cL of magic beverage. And you pay 2€. In New Delhi, you just go to a street corner chai walla, and you drink your chai standing alone in 1 minute. And you pay 5 Roupies (0.07€).

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The first time I heard about coffee in India was at the canteen of my university, when students asked for a cold coffee. Then I started to investigate the « coffee issue » in India.
– First, let me prevent all your future disappointments: when you see « coffee » written on a menu card, it is not an expresso, it’s a Nescafe powder soluble in water with a lot of milk and sugar in it. The cold coffee is the same thing, but just as cold as it sounds. It is not bad if you forget that it’s supposed to be coffee. So if you want something closer to what can be called coffee, better ask for « black coffee » (it will be a garam – hot – one).
– Second, let’s talk about this « black coffee ». Several kinds of beverage will be served. The soluble without any sugar or milk is the worst one (and the more common, unfortunately). However, if you are in a South Indian restaurant (or in South India…), you can order a filter coffee. It’s still not the Italian Expresso I dream of but it is pretty much acceptable.

Picture taken from the Internet

Picture taken from the Internet

– Third and last thing to know about coffee: My two first points were about Indian coffee. But, thanks to globalization (or because of it), one can now find « westernized coffee » in specific places. Not many Starbucks in India yet (the first one just opened in Mumbai-Bombay in 2012 and there are none in Delhi), but some « Indian Starbucks« . The most famous one is Café Coffee Day (CCD, to be pronounced « si.si.di » if you want to follow the trends, and if you don’t want to pronounce a name that does not mean anything), an Indian   brand. There are so many of them in India ! You’ll also find a lot of Costa Coffee (UK) or The Coffee Bean (US) even though they are a bit less popular outside of big cities. Indian wealthy youths are the typical clients of these places. Coffee there tastes more like coffee in Europe. Expresso, cappuccino, mocha… it’s nothing outstanding for the -rather high- price (I would say 80 – 120 INR // 1.10 – 1.70€ per cup), but there are not much places apart from these where you can hang out. In France, I would not like these places that much, because it is quite easy to find a quiet and sunny terrace to enjoy a drink. In Delhi (and India), not only are « cafés »-drinks hard to find, but « café »-places also. And God, I truly miss both of them*.

*Maybe it justifies the fact that I drink four cups of chai everyday. Or maybe not.

A la rencontre de Bombay, Shantaram

Shantaram ? Est-ce une nouvelle formule de politesse à la mode ? Une sauce de légumes particulièrement épicée ?

Mieux, c’est un surnom. Le surnom d’un évadé de prison australien qui atterrit en Inde, à Bombay, cadre du livre éponyme (Shantaram) dont il est question aujourd’hui. On est là face à un bon gros livre comme on les aime, dans lequel on plonge dès les premières pages. Le héros, un étranger, blanc, qui ne connait rien de l’Inde, débarque là un peu par hasard et doit s’adapter à la ville de Bombay pour ne pas être démasqué, repris par la police, et renvoyé en prison. Et il faut dire qu’il ne s’en sort pas mal, entre bars pour jeunesse dorée, sombres fumeries d’opium, bidonvilles tentaculaires et Histoire d’amour tarabiscotée. On passe d’une page à l’autre du Bombay des touristes à celui des guides touristiques, au Bombay de Bollywood à celui du marché noir, au Bombay des prostituées à celui des gourous en tout genre ; en découvrant comment ces diverses facettes se lient subtilement pour ne former qu’une seule ville. Ce sont autant sur les différents aspects de la ville que de l’humain (et notamment du héros-narrateur) que l’on s’interroge.

La fin du livre est un peu moins extraordinaire, mais si vous avez l’intention d’aller en Inde (particulièrement à Bombay), ou mieux si vous y avez déjà mis les pieds, ce livre vous plaira forcément. Si ce n’est pas votre cas, il vous donnera sûrement envie de venir.

Autant que sur Shantaram, je voudrais orienter cet article sur Bombay. Je vous propose donc deux citations extraites du début du livre ainsi que quelques photos que j’ai prises à Bombay fin décembre.

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« La première chose que j’ai remarquée à Bombay, le premier jour, était l’odeur d’un air différent. J’ai pu la sentir avant même de voir ou d’entendre quoique ce soit de l’Inde, dès que j’ai parcouru le tunnel sui reliait l’avion à l’aéroport. J’étais exité et ravi par l’odeur de cette première minute à Bombay (…)

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La mosquée Haji Ali.

Je sais maintenant que c’est l’odeur douce et suintante de l’espoir, qui est le contraire de la haine ; et c’est l’odeur aigre et confinée de la cupidité, qui est le contraitre de l’amour. C’est l’odeur des Dieux, des démons, des empires et des civilisations en plaine décomposition et résurrection. C’est l’odeur de chair bleue de la mer, où que vous soyez dans Island City, et c’est l’odeur de sang et de métal des machines. C’est l’odeur de l’agitation, du sommeil et des déchets de soixante millions d’animaux, dont plus de la moitié sont des hommes et des rats. C’est l’odeur des chagrins, de la lutte pour la survie, des échecs et des amours qui font naître notre courage. C’est l’odeur de dix mille restaurants, cinq mille temples, autels, églises et mosquées, et de cent bazars consacrés exclusivement aux parfums, aux épices, à l’encens et aux fleurs fraîchement coupées.

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(…)

C’était la pire bonne odeur du monde. »

"Le familier et l’exceptionnel, dans leur contraste, m’entouraient de toutes parts."Gateway of India.

« Le familier et l’exceptionnel, dans leur contraste, m’entouraient de toutes parts.« 
Gateway of India.

« Le familier et l’exceptionnel, dans leur contraste, m’entouraient de toutes parts. Un char à bœuf était arrêté à un feu rouge, à côté d’une voiture de sport. Un homme était accroupi pour faire ses besoins derrière l’abri discret d’une antenne satellite. Un chariot élévateur déchargeait des marchandises d’une antique charrette en bois. Tout donnait l’impression qu’un passé lointain, à la fois laborieux et infatigable, s’était écrasé dans les barrières du temps, intact, dans son propre futur. »

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Shantaram, Gregory David Roberts.

Mumbai Street Food

Comme n’importe quelle ville d’Inde, ou peut-être plus encore, Bombay (Mumbai) ne laisse pas indifférente. Enfin, on voit de nos propres yeux la ville qu’ont décrite avant nous des auteurs de toutes nationalités. D’ailleurs, je vous promets une mise à jour de la page Culture et Confiture bientôt, avec ces deux chefs-d’oeuvre ayant Bombay pour toile de fond : A fine balanceL’équilibre du monde– de l’Indo-Canadien Rohinton Mistry et Shantaram de l’Australien Gregory David Roberts. Je n’oserais ajouter mes humbles mots après tous ceux, si justes, que j’ai lu au sujet de la Megacity, aussi je vais me contenter de photographies. Par ailleurs, cela fait longtemps que le sujet de la nourriture n’a pas été abordé dans ce blog. Laissez-moi donc vous inviter à une plongée photographique dans la nourriture de rue de Bombay (Mumbai Street Food !).

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PS : Mes compétences technologiques passent au niveau supérieur, je maîtrise désormais le diaporama !