Ces poissons d’avril que j’aurais pu faire…

… Si j’avais eu le temps le jour où il fallait réagir :

– Aujourd’hui, mon chauffeur de rickshaw était une femme. Poisson d’avril.

– Aujourd’hui, personne ne m’a fixée dans la rue. Poisson d’avril.

– Aujourd’hui, je n’ai pas mangé de patates. Poisson d’avril.

– Aujourd’hui, je n’ai pas jeté mes déchets par terre, mais j’ai trouvé une poubelle. Poisson d’avril.

– Aujourd’hui, les toilettes publiques étaient propres. Poisson d’avril.

– Aujourd’hui, j’ai réussi à dormir dans un bus. Poisson d’avril.

– Aujourd’hui, je n’ai pas eu besoin de négocier. Poisson d’avril.

– Aujourd’hui, je n’ai pas attendu. Poisson d’avril.

– Aujourd’hui, je n’ai pas bu de chai. Poisson d’avril.

– Aujourd’hui, je me suis bien habillée. Poisson d’avril.

* Adapté d’une conversation avec L. et N. au cours d’un voyage mémorable en octobre 2012.

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Les F.A.Q. de l’Inde (Frequently Asked Questions)

Se préparer à vivre dans un pays inconnu pendant un an, à fortiori s’il s’agit de l’Inde, apporte forcément à se poser une foultitude (c’est entre une foule et une multitude) de questions :

*En fait, ça on ne s’en passe pas. On se débrouille pour en trouver à Delhi !

Ma famille va-t-elle me manquer ? Suis-je capable de vivre cela ? Vais-je tomber malade ? Que dois-je emmener en priorité ? Comment me passerais-je d’éclair au chocolat* ??

Ce dont on parle moins, c’est des questions qu’on se pose une fois là-bas, et dont on n’avait même pas envisagé l’importance d’ici. Aujourd’hui pour vous, les questions que l’on se pose fréquemment en Inde, ou Frequently Asked Questions.

Comment faire son chai sans électricité ?

« Northern India hit by one of the worst power breakdowns » titrait the Hindu ce matin.

« In what was one of the worst power breakdowns in the country, the Northern Grid crashed early Monday morning plunging eight states into complete darkness, disrupting inter-state train services, adversely hitting health services and impacting millions of lives. »

Pour les non-anglophones, le Monde en parlait aussi. Ainsi, ce matin, je me suis préparée à mon premier jour de cours… dans le noir. Ou presque. Le seul défaut de mon appartement étant sa faible luminosité, j’ai en effet eu droit à la douche (ça va), au mettage de lentilles (ça commence à moins le faire) puis au coiffage (c’était vraiment pas terrible) dans la semi-obscurité. C’est là où l’on se rend compte que, quand même, c’est utile l’électricité. Surtout quand j’ai voulu faire mon chai du petit-dej’. « Mééé euh, C koi sa un chèèè? » vous dites-vous peut-être. Alors, premièrement, ça se prononce « Tchay » et deuxièmement, c’est le mot hindi pour dire le thé. Mais c’est aussi une toute autre manière de le préparer. Pour nous, le thé c’est de l’eau chaude, ici, il y a aussi du lait, beaucoup de lait. Du sucre aussi, et parfois des épices. Mais pas dans celui que je me fais le matin. Mode d’emploi : déposer un bon fond de lait dans votre tasse, mettez vos feuilles de thé « Taj Mahal » dans une petite passoire sur votre tasse et versez l’eau bouillante. Ouais, mais ce matin, ma bouilloire marchait pas. (Ben oui, il y avait pas d’électricité on vous dit!) (Ps : admirez comment je retombe sur mes pattes, c’est incroyable). A l’ancienne, j’ai du laver une casserole abandonnée dans l’évier par une des mes colocs et mettre de l’eau à bouillir sur le feu. Heureusement, j’ai une gazinière.

Faut-il porter une kurta ?

Vous êtes encore piégés par des mots que vous ne comprenez pas hein ? Je vous en veux pas, pour moi non plus, kurta ne signifiait rien il y a 10 jours. Pas le temps (ni tout à fait la science, il faut l’avouer) de vous faire une leçon sur les vêtements indiens, on va se contenter de celui-là. Tunique longue (de mi-cuisses aux genoux), généralement fendue sur les côtés jusqu’à la taille, elle existe en toutes les couleurs, tous les tissus, tous les types de manches (no-sleeves / short-sleeves / full-sleeves), tous les prix aussi, et différentes formes de col (le plus fréquent étant tout de même un col en V très peu décolleté). J’en ai pour l’instant 3 : une bleue très basique que m’a donnée ma « famille indienne », une vert foncé aux manches mi-longues et une blanche avec des imprimés gris-bleus, magnifique, achetée dans la très chic boutique Anokhi (une folie à 950 Roupies… Oui, je sais, ça fait 13€95). Ce matin, j’ai décidé de mettre l’Anokhi avec un pantalon beige et des sandales, en me demandant quel allait être le regard que porterait les Indiens sur une occidentale habillée « à l’indienne ». Résultat : sur les 4 fois où j’ai pris le rickshaw aujourd’hui, je ne me suis pas faite arnaquée une seule fois et j’ai réussi à faire mettre le « meter » sur les deux longs trajets (Le « meter » est le compteur de kilomètres. Sur les ricksaws, c’est normalement obligatoire, mais bien sûr, ils refusent de l’allumer lorsqu’ils ont affaire à des occidentaux, préférant négocier un prix – souvent 20 à 50% supérieur). Rouler des « r » en anglais et abuser du « bahia! » (littéralement « frère » – très fréquemment utilisé par les Indiens dans la rue, même quand ils ne se connaissent pas) a certainement aidé. Morale de l’histoire : Oui, il faut porter une kurta. Et se sentir bien dedans.

Comment expliquer à un vendeur un peu lourd qu’on n’est pas en Inde pour acheter des brosses en plastique made in China ?

Palika Bazar, lieu de tous les relous qui ont aussi essayé de nous refourguer… Des films pornos !

Problème fréquemment rencontré dans les nombreux marchés dans lesquels nous dépensons des milliers de roupies flânons ; les « gros lourds ». C’est-à-dire ceux qui non seulement essaient de te vendre des choses par des grands cris « Aié ! Aié ! » (« venez, venez ») (ce qui, après tout, peut paraître légitime), mais ont deux caractéristiques qui les distinguent : ce qu’ils vendent est inutile/moche/sans aucun intérêt/totalement banal en Europe – comme par exemple une brosse en plastique made in China, un rasoir électrique, ou encore des piles (pourquoi?) et en plus, ils insistent lourdement « very good price, what is your price ?, only fifty roupies« . Sans comprendre qu’en fait, on n’est absolument pas sensibles à leur marchandise, quelque soit leur tentative de « street-marketing ».

Heureusement, parfois, on trouve des marchés magnifiques où personne n’a besoin de nous convaincre de quoique ce soit pour qu’on achète des choses…

Dilli haat : vêtements, bijoux, déco et surtout écharpes en Pashmina

Fabrications artisanales dans le ravissant et calme marché de Dilli Haat