Delhices culturels

Delhi, la ville énorme, difforme, aux quartiers tentaculaires. Delhi, la cruelle, l’injuste, à la pauvreté aussi abominable que la richesse est clinquante. Delhi, la mégalopole polluée, au jardin de véhicules bariolés. Delhi, la ville très chaude et très sèche, très humide, et très froide. Delhi, la machiste sombre, dangereuse et violente (voire même violante) avec les créatures dotées d’une paire de seins.

Tous ces clichés, dont les médias et autres récits d’aventures se font d’efficaces relais, sont vrais. Pour autant, ils ne suffisent pas à dépeindre la capitale indienne avec rigueur et justesse. Loin de moi l’idée de tenter cet exercice. J’aimerais simplement avec l’article d’aujourd’hui apporter ma pierre à l’énumération sans fin de ce qui fait cette ville. Ce n’est pas la première fois que j’évoque la chose, mais Delhi est aussi une ville bouillonnante de culture.

Spectacle de danse d'Inde du Sud au vieux fort (Purana Qila)

Spectacle de danse d’Inde du Sud au vieux fort (Purana Qila)

Pas tant dans les musées que dans des événements temporaires que l’on choisit ou non de saisir au vol. Ainsi, des festivals de cinéma, danse, et théâtre se disputent notre attention avec des « fare » (foires ou salons) dédiés tantôt aux livres, tantôt à l’art contemporain. Et je ne parle pas des concerts, qui vont du groupe de reggae underground à la flûte traditionnelle indienne. De quoi ne plus où savoir donner de la tête. Mais comme votre auteure ne voudrait pas que vous vous éparpilliez, je vous livre ici quelques sites internet qui permettent de s’y retrouver et d’occuper utilement ses soirées, voire ses journées entières pour les plus oisifs d’entre nous, le tout très souvent gratuitement.

Little Black Book (également sur Twitter et Facebook) recense des restaurants, des idées de promenades un peu « hors des sentiers battus » et autres activités dignes d’intérêt.

En ce qui concerne purement les événements, TimeoutDelhi (il existe aussi pour Bombay, Bangalore et quelques autres grandes villes) vous permettra de réaliser à quel point vous passez, chaque soir, à côté d’un nombre incroyable de sorties fantastiques. La vie est triste et le temps file.

logoL’Alliance Française est évidemment un must pour tout Français en manque du pays. Si la cantine est digne d’intérêt et propose des prix raisonnables (ne vous attendez pas non plus au boeuf bourguignon hein), c’est aussi un lieu où l’on peut rencontrer des Indiens qui s’intéressent à notre langue. Ou tout simplement vivre les événements qui y sont organisés. En ce moment, le festival Bonjour India met les relations indo-françaises ou franco-indiennes à l’honneur !

L’Indian Habitat Centre, au centre de Delhi, propose toute l’année des événements sympathiques, de la conférence sur la place des femmes à la pièce de théâtre en hindi. Et des films. En revanche, le site n’est pas très sexy…

Vous trouvez aussi de nombreux groupes Facebook, tels que Expat Info Delhi, qui permettent de partager des bons plans de sorties (dans des clubs/bars/boîtes), de logement, et d’événements culturels entre expats (et Indiens en fait).

Et puisqu’on parle de culture, j’en profite pour mentionner l’ajout de quelques livres à la page Culture et Confiture, ce qui intéressera peut-être plus les Français qui ne résident pas à Delhi. Je travaille aussi à la traduction en Anglais de cette page, qui devrait arriver… un jour. Et les plus fans d’entre vous remarqueront que j’ai un peu rafraîchit les Catégories, pour que vous puissiez plus facilement vous retrouver. Tant qu’on parle de ce blog, on a passé la barre des 10 000 visites, bravo et merci.

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Des bonnes moeurs en fumée

En plus de regarder des films Bollywood au cinéma, je peux aussi aller voir les gros blockbusters hollywoodiens, dont Looper que vous Français ne pourrez regarder qu’à partir du 31 octobre. Et une fois passée la difficulté de m’habituer (de me ré-habituer) à l’accent américain (je vis avec une British et passe mes journées avec des Indiens), j’ai passé un plutôt bon moment. Mon but ici n’est cependant pas de faire une critique du film, mais de pointer du doigt une contradiction indienne qui est apparue très clairement durant la projection de ce film américain (vous allez comprendre très vite).

Le film est, pour faire simple, un mélange de deux genres : science fiction présente à travers les voyages dans le temps et film d’action dont les protagonistes sont majoritairement des tueurs qui roulent dans des belles voitures, enchaînent les soirées de débauches et grillent allègrement des cigarettes. Allègrement ? Non, car il semblerait qu’une loi indienne fasse la chasse aux industriels du tabac, et ce jusque dans les films… Puisque la moindre trace de fumée nicotinée qui apparait sur un coin de grand écran est sous-titrée « Smoking cigarette is injurious to health«  (Fumer des cigarettes est dangereux pour la santé). Quand la dite cigarette est fumée après 12 shoot d’héroïne et autant de LSD sans que cela ne paraisse assez « injurious to health » pour être signalé, on saisit vaguement une certaine ironie. Par ailleurs, il semble que la majorité des nombres de morts de ce film soient causés par cartouches de flingue, et non par cartouches de cigarettes. Remarque, c’est plutôt bien pour l’Indienne assise à côté de moi qui n’a pas fumé depuis une semaine et essaye de continuer sur sa lancée.

Tout de même, calmons-nous et ne crions point trop vite à l’hérésie. Car nous la France, malgré le fait que nous soyons par miracle détenteurs à environ 3,70% du Prix Nobel de la Paix 2012 (1pays/27 = 3,70%)(ceci n’a strictement rien à voir avec rien, mais on m’a dit qu’un bon blog s’ajustait à l’actualité), avons également pratiqué ce genre de censure poussée à l’extrême. Mais oui, rappelez vous de l’affaire Jacques Tati vs. RATP. Ça se passe dans les métros parisiens, alors qu’une campagne d’affichage pour une exposition lui étant consacrée met Jacques Tati en scène sur un vélo, une pipe au bec. Une pipe ? Pas exactement, puisque la RATP, protectrice des bonnes moeurs, s’est donné le devoir de remplacer la pipe par un moulin jaune.

Avant – Après, l’art d’user Photoshop pour autre chose que faire perdre 20Kg à des actrices.

Les fumeurs, Inde, France, même combat contre le ridicule ? (je ne suis pas spécialement « fumeurs-friendly », mais là pour le coup, faut pas pousser mémé dans les orties…)

PS : Bruce Willis est encore sacrément bien conservé pour son âge et, ma foi, il se débrouille pas mal. Mention spéciale à Joseph Gordon-Levitt, un peu trop maquillé-trafiqué-retouché pour être aussi sexy que d’habitude, mais qui vaut tout de même le détour. Mais si, vous le connaissez, c’est lui là :

Joseph Gordon-Levitt (avec une cigarette aux lèvres ? Serait-ce de la provocation?)

(pour plus de Joseph Gordon-Levitt, c’est ici que ça se passe, coquin(e)s!)

Les perles de Bollywood (1) English Vinglish

THIS IS AMAZING AND BRAND NEW ! AN ENGLISH VERSION OF THIS ARTICLE IS AVAILABLE BELOW ! SCROLL DOWN !

Samedi dernier, c’était un peu la glande dans ma coloc’. Après avoir trainé la moitié de la journée en pyjama, on était en train de se boire du thé (chinois) au jasmin en se vautrant dans nos affreux canapés, quand on s’est dit que quand même il fallait faire quelque chose. Or, un cinéma pas trop loin de là passait un film à l’odeur alléchante dans la soirée : English Vinglish (ne cherchez pas, « vinglish » ne veut rien dire).

Comme je suis très cool, j’ai trouvé la bande annonce avec des sous-titres en Français :

ATTENTION. Si vous comptez voir ce film un jour et que vous tenez absolument à conserver l’énooooorme suspens entier, ne lisez pas ce qui va suivre. (et c’est la première fois que je vous autorise à ne pas lire un article – du coup pour vous rattraper vous pouvez relire tous les autres)

Laddus (ou Laddoos) (Photo: Flickr)

Pour faire court (c’est pas comme si l’intrigue était compliquée en même temps), English Vinglish relate l’histoire d’une mère au foyer indienne qui se consacre à la confection de Laddus (pâtisseries indiennes). Elle a un mari, deux enfants et un autre problème dans la vie : elle ne sait pas parler Anglais. Problème pas si gênant jusqu’au jour où elle doit se rendre à New York pour le mariage de sa soeur (oui, ce n’est pas un Bollywood de pauvres). Là, elle décide de prendre des cours d’Anglais en secret de sa famille, notamment pour tous les impressionner après et comprendre ce qu’ils disent dans son dos. En plus, il y a un « hot French guy » dans son cours, qui est lui aussi cuisinier (bah oui tiens). Mais la bonne épouse indienne repousse la tentation et reste fidèle à son mari chéri, qui finit par plus ou moins comprendre qu’elle n’est pas si cruche.

English Vinglish est carrément digne de Bollywood pour un tas de raisons. Florilège :

Il y des vraies stars dedans, notamment Amitabh Bacchan et Sridevi. Le premier est LA star de Bollywood ; l’équivalent indien de George Clooney, en un peu plus vieux et sûrement un peu plus riche. C’est de lui que le héros de Slumdog Millionaire veut tellement avoir un autographe qu’il finit -littéralement- dans la merde. Il fait une apparition éclair dans ce film, fortement applaudie et sifflée par les spectateurs surexcités de notre salle. Sridevi, dans le rôle principal, est une actrice old generation elle aussi (1980-90), qui fait son retour au cinéma avec ce film. Un retour qui la rajeunit littéralement, puisque, chirurgie esthétique et/ou magie de Bollywood, l’actrice de 49 ans en paraît facile 15 de moins.

Il y a du drame, il y a des tensions, il y a de l’amour, il y a la famille et tout finit plutôt bien. Et il y a des chansons. Des chansons qui valent le coup. Je vous mets la vidéo de l’une d’elle, à regarder avec le son au maximum, sinon c’est pas drôle.

 Au fait, je n’ai pas compris pourquoi l’héroïne (jouée par Sridevi donc) entre dans toutes ces boutiques alors qu’elle continue à porter des saris et autres tenues traditionnelles pendant tout le film. Bref.

 Pour finir, voici quelques raisons d’aller voir ce film (ou, au moins, des raisons pour lesquelles j’ai aimé aller voir le film)

– Les cinémas indiens
Une importante partie du film est en Anglais, ce qui le rend facilement compréhensible même pour ceux d’entre nous qui ne sont pas bilingues en hindi (d’autant qu’il n’y a généralement pas de sous-titres dans les films indiens).
– Le Français dans le film est tellement un cliché à lui tout seul que je riais à chaque fois qu’il disait quelque chose. Il tombe amoureux de l’héroïne (marriée) et lui offre une crêpe en disant que c’est une sorte de « Laddu français » (or vous avez vu sur la photo à quel point ça n’a rien à voir). Ensuite il lui fait une déclaration d’amour en public. Et enfin, il y a une partie du film où elle lui parle en hindi et il répond en français. Donc au moins je comprenais la moitié du dialogue (pas la même moitié que le reste de la salle mais quand même).
– Le sujet, apprendre l’anglais, dit tout de même quelque chose des préoccupations de la société indienne, en particulier des plus riches, et ce n’est pas inintéressant pour un oeil étranger.

Bref, avec un peu de second degré, ce film nous a permis 2 ou 3 heures de franche rigolade (une bonne grosse marrade comme disait la pub).

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ENGLISH VERSION

Please, do not focus on the spelling and grammatical mistakes, I know my English is not perfect. However, you can tell me about them so that I can improve the quality of both my blog and my English. Here we go : 

Last Saturday, laziness was setting in my flat.  After spending half the day in pyjama, we were drinking Chinese jasmine tea lolling in our ugly armchairs, when we figured out that we should do something.  And it just so happened that a movie theatre nearby was showing a promising movie that evening : English Vinglish.

WARNING : If you intend to see this movie one day and would like to preserve the incredible suspense,  I advise you not to read the following.

To sum it up (the plot is not very complicated anyway), English Vinglish deals with the story of an Indian housewife whose life is dedicated to the preparation of Laddus (Indian sweets, you can check the picture above). She’s got a husband, two kids and another problem : she doesn’t speak English. This problem is not that annoying till the day she has to go to New York for her sister’s wedding (yeah, this Bollywood is not about poor people). There, she decides to take English classes, without telling anyone from her family, in order to impress them and to be able to understand what they say on her behalf. Moreover, there is a hot French guy in her class, who happens to be a cook (that is a kind of a cliché isn’t it ?). Anyway, as she is a great Indian spouse, she will resist the temptation and remain loyal to her beloved husband, who finally ends up realising his wife is not that stupid. 

English Vinglish deserves its Bollywood appellation for a lot of reasons. Here is a selection :

Amitabh & Sridevi in English Vinglish

There are true Bollywood stars playing in it, including Amitabh Bachan and Sridevi. First, Amitabh Bachan, THE Bollywood icon ; a kind of Indian version of George Clooney, even though he is slightly older and probably wealthier. At the beginning of the movie, the kid main character of Slumdog Millionaire, wants an autograph from him so badly that he –litteraly- ends up in deep shit. Amitabh apparition in English Venglish was loudly applauded and hissed by the over-excited spectators. Sridevi, who holds the main role, is an actoress from “old generation” Bollywood stars (1980s-90s) and makes a comeback with this movie. A rejuvenating comeback ; I don’t know if it is thanks to plastic surgery or the magic of Bollywood, but she is 49 and looks 15 years younger.

 There is drama, there is tension, there is love, there is family, and everything ends quite well. And there are songs. I mean, songs that worth being listened to (and seen ; dances are very important !). I’m giving one to you. One rule : you have to listen to it with the sound turned on the maximum. Check it on the French version (second video).

By the way, I did not understand why the main character (played by Sridevi) enters in all those shops, as she is always dressing with saris and traditional Indian clothes. Anyway.

Last but not least, here are some reasons for you to watch this movie (or reasons why I liked watching it) (I guess this part is not very relevant for Indian people, sorry guys).

– Indian cinemas are fun
A big part of the movie is in English, so it’s easy to understand even if you are not fluent in hindi (subtitles are generally not available)
– The French guy is so much a cliché that I laughed every time he was saying something. He falls in love with the woman (who is married) and offers her a crêpe, saying it is like a “French Laddu”. Then he makes a public love declaration. I also like the parts of the movie when she talks to him in Hindi and he replies in French. So at least I was understanding half of the dialogue (not the same half than most of the spectators but still).
– Moreover, the subject of the movie, which is learning English means something about Indian society (especially upper-classes) main concerns. That is interesting for a foreigner like me. 

To sum it up, we did not take everything seriously, enjoyed the movie and laughed a lot during 2 or 3 hours.

Hauz Khas Village : Docteur Jekyll achète des sacs en coton recyclé, Mister Hyde boit des bières au T.L.R.

Le jour où j’ai été invitée à une « party » commençant à 15h et finissant à 18h, j’ai compris les implications de la phrase : New Delhi n’est pas une ville nocturne. Selon le niveau de stress/conservatisme des Indiens auxquels on pose la question, la ville ne serait pas sûre (surtout pour les filles) après 19h30, 21h30, 22h30 ou minuit. Mon record personnel se situe autour des 2h30 du matin en rickshaw, et 3h30 en taxi. Ce qui est sans doute totalement inconscient, mais « je me ris du danger »*. Encore faut-il trouver l’endroit où passer la soirée. Alors, il y a les boîtes de nuit bien sûr, mais l’expérience n’est pas renouvelable tous les quatre matins.

Il a donc fallut trouver des bars. Et c’est un peu comme trouver des petits cafés où se poser en milieu de journée : pas franchement ancré dans la culture.

Tu penses à une Guinness ? C’est bien mais maintenant faut trouver où aller pour en boire !

Heureusement, un petit village résiste encore et toujours à l’envahisseur (ou bien, selon le point de vue, s’est au contraire jeté le premier dans les bras de l’envahisseur occidental). Ce village, c’est Hauz Khas. Chroniques de jour et de nuit dans le « Montmartre indien » (formule de N.T., encore).

Le jour, Docteur Jekyll achète des sacs en coton recyclé.

Hauz Khas Village est une petite enclave au sud de la ville, assez unique dans Delhi. Quoi de si exceptionnel ? Le deer parc à proximité, un (relatif) calme, une (relative) propreté (si l’on excepte les monceaux d’ordures qui s’amoncèlent sur une centaine de mètres devant le village). Cela en ferait un coin juste sympathique mais pas si extraordinaire, s’il le village lui même ne fourmillait pas d’étonnantes surprises. Je vais succomber à la facilité de faire une petite liste :

Affiches de vieux Bollywood à Hauz Khas

– des Indiennes très bien habillées, à l’occidentale (shorts et escarpins sont de mises),
– des boutiques qui vendent des robes à 200€
des vieilles affiches de films, Bollywood comme Hollywood
– des restaurants tous plus cosy, lounge et surtout plus chers les uns que les autres
– des antiquaires (ne pas craquer, tu ne pourras pas remporter cette magnifique commode en fer forgé / table en marbre d’époque coloniale / horloge en bois d’époque dans ta valise de toutes les façons !)
– des glaciers italiens
– des petits magasins alternatifs qui vendent des babioles recyclées trop incroyables et inutiles. Et chères (prix parisiens, voire même plus).
– de jolis bijoux en argent (pour une paire de boucle d’oreilles achetée, un chai offert dans la boutique !)

Les ruines de Hauz Khas

Un quartier de bobos, de hipsters et de (nouveaux) riches, avec un taux d’occidentaux plus élevé que la moyenne de Delhi. On tombe par hasard sur des ruines du 13ème siècle qui trahissent la présence d’une mosquée, d’un énorme réservoir d’eau qui alimentait le Sud de Delhi, et de pavillons. Aujourd’hui, on peut se poser autour d’un lac
Le jour, Docteur Jekyll profite de sa promenade pour venir y acheter des sacs en coton recyclés.

La nuit, Mister Hyde boit des bières au TLR

Mais Hauz Khas le jour, avec nos budgets d’étudiants (étudiants du « western world », certes mais étudiants quand même), c’est assez limité une fois qu’on a fait le tour des ruines. En revanche, la nuit, le lieu prend un autre intérêt. C’est ici que se concentrent la majorité des bars de New Delhi, certains à des prix exorbitants (comme à Paris ou même pire), d’autres sûrement chers pour la majorité des Indiens mais largement abordables pour nous. On m’a dit que la plupart des bars n’avaient pas le droit de vendre de l’alcool hors de la rue principale, mais en pratique, un arrangement avec la police de coin facilite grandement les choses. Nous quittons l’avenue principale du village, et tournons à droite dans une petite rue. Nous dépassons trois restaurants et arrivons devant une boutique de fringues et autres objets recyclés.

Cafe Ziro (photo: Internet)

Nous montons quelques marches pour rentrer dans la boutique, un peu étonnées, se demandant où se trouve le bar qu’on nous a promis. La réponse vient assez vite : en haut d’un escalier en colimaçon aussi coloré que dangereux (et l’on se dit qu’il ne faudra pas trop boire en haut si on veut être capables de le redescendre). Premier étage, un bar et quelques tables, des gens qui sirotent des bières. Deuxième étage, du rock qui s’échappe de haut-parleurs, des rumeurs de conversations, des gens qui sirotent des bières. Troisième étage, une grande terrasse entourée de plantes vertes, de confortables banquettes, des gens qui sirotent des bières. Et voilà, nous avons un nouveau QG. 

QG auquel nous ferons quelques infidélités, notamment pour le T.L.R. (The Living Room) pendant l’Oktoberfest (pas beaucoup de rapports entre la fête munichoise et Delhi à priori mais c’est une bonne excuse pour vendre encore plus de bières). Le T.L.R. est aussi un lieu sur plusieurs étages où l’on peut danser sur de la musique plutôt bonne, sans (trop) se faire emmerder, jusqu’à la fermeture, autour de 1h du matin.

Oktoberfest @ T.L.R. (Photo: Internet)

Mister Hyde jette donc son dévolu sur Hauz Khas Village pour y encanailler ses nuits. Et grand bien lui prend.

* Ceci est la deuxième référence au Roi Lion de ce blog, je vais devoir revoir d’autres Disney pour varier un peu les plaisirs…

Du boeuf et des bonnes adresses

J’ai hésité à faire un article sur la manière héroïque dont j’ai survécu au vendredi suivant la sortie du film Innocence of Muslims mais je me suis dit que le buzz médiatique n’avait pas besoin de ma contribution. Pour faire bref, rien à signaler à Delhi et j’ai malheureusement pu aller passer mes examens à la Jamia Millia Islamia en toute sécurité. Ce film ne m’ayant même pas permis d’éviter de disserter sur le marxisme, je lui trouve encore moins d’intérêt qu’au premier visionnage (et ce n’est pas peu dire).

Du coup, en attendant le merveilleux article plein de superbes photos sur la vallée du Gange (il paraît qu’il faut se mettre en avant pour réussir), je vais vous parler de tout autre chose : la nourriture occidentale. Voilà un article qui ne va sûrement pas faire rêver grand monde, à part quelques Sciences Pistes exilés pour leur 3A dans des pays culinairement étranges mais il faut que je l’écrive. La bouffe, c’est tout de même 70% de nos sujets de conversations. Car, malgré les multiples épices saveurs de la nourriture indienne, nous avons très vite ressenti un manque des délices du pays. D’ailleurs, je crois que cela se ressent dans ce blog : il y a pas à dire, la France c’est le meilleur pays pour les papilles, même si je pense que je vais importer le super-stock de curry – poudre de piment – cardamome – cumin pour cuisiner l’année prochaine. Tout ça pour dire que certains moments prennent une importance particulière :

Eclair et Opéra

– Lorsqu’au bout d’une semaine au pays des vaches, on prend un prétexte plus ou moins bidon « oui c’est l’anniversaire de N., faut fêter ça » pour s’offrir un éclair au chocolat dans la meilleure pâtisserie de Delhi. Prix français. (1)

 

 

10 tablettes !

– Lorsqu’une amie allemande en visite me ramène du chocolat. 10 tablettes (et des Haribos, mais c’est un peu moins important). Je me rationne pour que ça me tienne deux ou trois mois mais c’est juste génial (parce qu’en Inde, la tablette de Lindt que je paye 1€50 en France coûte… 5€!).

– Lorsqu’une amie française reçoit du parmesan (du PARMESAN !) par colis et qu’elle nous en coupe quelques morceaux pour l’apéro, ça change du paneer, aliment indien à base de lait que j’ose à peine appeler fromage.

– Lorsqu’on décide de fêter le temps qui passe en se faisant un très bon restau les 20 de chaque mois (ou à peu près). Du coup, après l’agneau cuit sur pierre de lave dégusté à Chandigarh (2) pour célébrer notre premier mois d’Inde par de la nourriture indienne, il était temps de se faire un bon gros steak, avec plein de boeuf dedans. Ça fait deux mois maintenant quoi ! (bon en fait je triche, j’avais déjà craqué il y a quelques semaines sur un tartare de boeuf (3) – oui, un vrai tartare de boeuf, mais on n’en a jamais trop si?) Résultat ? Un restaurant américain (4), avec du bon rock de crooner américain qui nous ramène au collège et du bon steak américain avec une portion de frites malheureusement pas assez américaine. Et un bon gros brownie américain bien gras/gros pour achever le tout. Environ 12€ au total, une vraie fortune pour ici, mais un plaisir à renouveler de temps en temps tellement ça fait du bien.

A peu près aussi bon que ma photo est moche. Avec des frites mouimouimoui!

Du coup je crois qu’il est temps de vous livrer les adresses de ces lieux magiques, afin que vous sachiez où m’inviter manger si vous venez me voir en Inde / où aller si vous devenez fou à New Delhi.

(1) L’Opéra (Khan Market), parfait pour ses pâtisseries françaises.

(2) Khyber, Sector 35B à Chandigarh, pour l’excellente nourriture indienne moins grasse qu’à l’ordinaire.

(3) Le Petit Bar, (57-59A, Moolchand Flyover Park, Ring Road, Defence Colony), où vous pouvez déguster d’honorables tartares de boeufs ou bien, si vous le préférez cuit, le tournedos pourra vous contenter. Très bon choix d’accompagnements. J’ai hâte d’y retourner pour goûter la salade de chèvre chaud.

(4) Route 04 (Khan Market), restaurant américain où vous trouverez un bon choix de viandes, de burgers et de desserts. Egalement de la nourriture mexicaine (choix de fajitas) que je n’ai pas eu l’occasion de goûter mais qui avait l’air assez alléchante.

Chalo (« allez » en hindi), je vais dormir le ventre bien rempli, avec ma dose mensuelle de protéines…