Des rencontres où il est question de religion, de hasard, de destin et de karma.

Ça y est, je suis de retour à Delhi, chez moi, après une nuit dans un train pas si désagréable que l’on aurait pu s’y attendre, malgré les ronflements peu discrets de l’un de mes voisins. Ces cinq jours furent incroyables ; je crois que j’ai dit « wahou c’est beau ! » et « Ooooh regarde comme c’est magnifique !! » à peu près 10 fois par heure. Et en plus des monuments visités, on a fait plein de rencontres très intéressantes. Ce qui va donner lieu à un long et passionnant article richement illustré (il faut bien ça de temps en temps).

Pas d’argent mais un peu quand même à Fatehpur Sikri

Adhérant au mythe entourant la création de la ville de Fatehpur Sikri, des milliers de femmes indiennes viennent faire le voeu d’avoir un enfant devant la tombe de l’ermite Sheikh Salim Chishti.

La tombe de Sheikh Salim Chishti

Cet ermite aurait permis à l’empereur Akbar (empereur moghol du 16e siècle), par sa bénédiction, d’avoir enfin une descendance digne de ce nom (c’est-à-dire trois fils). Par reconnaissance, Akbar construit sa capitale à Sikri, passant outre les risques de problèmes d’approvisionnement en eau, qui causèrent l’abandon de la cité quelques dizaines d’années après sa construction. Apparemment, le pouvoir de cet ermite dépasse les frontières, puisqu’il semblerait que même Carla Bruni en ait bénéficié. Comment je le sais ? C’est la première rencontre, la plus mitigée.
En demandant notre chemin dans la ville, on se fait guider jusqu’à la mosquée puis à l’intérieur du monument par un jeune indien francophile un peu trop sympathique. Voyant notre méfiance, il nous assure ne pas être intéressé par l’argent (moui) mais seulement par le fait de parler français pendant qu’il est en vacances blablabla. On ne sait pas trop comment lui dire de s’en aller, on décide donc de lui laisser sa chance, tout en restant sur nos gardes évidemment. Il nous raconte des anecdotes assez marrantes (dont celle que je vous ai rapportée). Mais évidemment, à la fin de la visite, il prend congé en nous réclamant un tip, assez lourdement. Décevant.

De l’eau du Gange dans un train 

Mes tentatives pour prendre en photo le soleil couchant

Après quelques longues et angoissantes minutes dans les embouteillages causés par un festival, un peu de marche très rapide, et une course en rickshaw endiablée (oui je romance un peu), nous parvenons à prendre notre train pour Gwalior à l’heure. Et il aurait été dommage de le rater ! D’une part parce que le trajet en bus dure deux fois plus longtemps, et d’autre part, parce que cela fut une bonne occasion de pratiquer notre hindi de « 3 mois d’Inde ». Ainsi, me voyant un peu en peine à tenter de prendre le soleil en photo par la fenêtre du train, un petit vieux m’aborde et commence à me raconter sa vie en hindi. Je ne sais pas comment on en est arrivé là, mais il m’a expliqué qu’il était monté dans le train à Haridwar avec son bidon d’eau du Gange (ça vous rappelle quelque chose? Normal, j’en parlais ici) pour retourner chez lui à Gwalior. Sans que je ne m’en rende tout de suite compte, je me suis retrouvée entourée par une dizaine d’Indiens fascinés. Ce qui donnait à peu près ça.

Ensuite, mes amies sont venues à ma rescousse et ont eu le droit à un interrogatoire en règle sur leur(s) dieu(x) préféré(s). Après avoir vaguement tenté d’expliquer qu’elles étaient athées (alors qu’elle connaissaient le mot pour athée en hindi, ils ne l’ont pas compris), elles ont finit par évoquer Ganesh, le dieu éléphant. Principalement parce qu’il est marrant et facile à reconnaître. Ensuite, un des hommes a fouillé pendant un quart d’heure dans son portefeuille pour trouver les images de ses Dieux préférés et nous les montrer.

Ganesh (photo prise à Delhi)

20 roupies et un henne gratuit pour le karma

Direction Orchha pour la suite de nos aventures. Après une journée de visites et une pause au bord d’une rivière, on dine dans un restaurant assez sympathique.

« Escaliers » de l’hôtel avec la rue principale d’Orchha en toile de fond.

Le lendemain, alors qu’on se balade dans la rue principale d’Orchha, un monsieur en vélo nous interpelle.Il nous tend un billet de 20 Roupies et on reconnait le patron du restaurant de la veille, qui explique qu‘il est vraiment terriblement désolé de s’être trompé sur l’addition hier soir, et heureusement il nous a retrouvées. Et pour la peine il nous invite à un henné gratuit avec sa fille. Un moment qui fait chaud au coeur.

Attendre que ça sèche.

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’un Indien insiste autant pour nous rendre la monnaie, même lorsqu’il s’agit de sommes dérisoires. Apparemment, l’explication tient au fait qu’il est nécessaire de mourir et d’entamer une nouvelle vie (les hindous croient en la réincarnation) sans dettes. C’est mieux pour le Karma, on a plus de chances de se réincarner en être humain qu’en limace et on n’aura pas besoin de consacrer sa prochaine vie à retrouver ceux auxquels on devait quelque chose dans la vie précédente. Quant à nous, on ne s’en est pas plaintes…

Un Sadhu au sommet des collines

Dernière rencontre que je vous raconte, toujours à Orchha. Nous louons des vélos pour aller faire un petit tour dans les campagnes environnantes. A un moment, alors que nous faisons un petite pause à l’ombre, une petite vieille nous interpelle en nous demandant (en hindi) où nous allons et en s’inquiétant de la chaleur et du soleil (je demande à mes camarades en France, en Allemagne, en Suède, en Russie, au Canada ou dans d’autres pays faits pour les pulls en laine de bien vouloir m’excuser, mais tout le voyage s’est déroulé en T-shirt à manches courtes et nous avons bien bronzé. Oui, un 27 octobre).

LE temple hindou

 On lui dit qu’on se promène (d’ailleurs, je dois dire que j’ai utilisé le verbe « se promener » en hindi bien plus que ce à quoi je m’attendais). Elle nous répond d’aller au temple hindou perché sur la colline, et qu’en plus il y a un sadhu alors ça nous fera du bien. On obtempère en la remerciant. On monte un peu en vélo puis abandonnons les montures et finissons à pied jusqu’à cette merveille de kitsch.

L’hindouisme vu de l’intérieur

Enfin nous rencontrons le vénérable sadhu qui nous salue d’un signe de tête avant d’entreprendre la descente jusqu’au village. Petit cours qui s’impose de lui-même : qu’est-ce qu’un Sadhu ? (prononcer »sadou ») Le sadhu est la version indienne d’un ermite : c’est un homme qui renonce à ses biens et à ses relations sociales pour se consacrer uniquement à la religion hindoue.

Les perles de Bollywood (1) English Vinglish

THIS IS AMAZING AND BRAND NEW ! AN ENGLISH VERSION OF THIS ARTICLE IS AVAILABLE BELOW ! SCROLL DOWN !

Samedi dernier, c’était un peu la glande dans ma coloc’. Après avoir trainé la moitié de la journée en pyjama, on était en train de se boire du thé (chinois) au jasmin en se vautrant dans nos affreux canapés, quand on s’est dit que quand même il fallait faire quelque chose. Or, un cinéma pas trop loin de là passait un film à l’odeur alléchante dans la soirée : English Vinglish (ne cherchez pas, « vinglish » ne veut rien dire).

Comme je suis très cool, j’ai trouvé la bande annonce avec des sous-titres en Français :

ATTENTION. Si vous comptez voir ce film un jour et que vous tenez absolument à conserver l’énooooorme suspens entier, ne lisez pas ce qui va suivre. (et c’est la première fois que je vous autorise à ne pas lire un article – du coup pour vous rattraper vous pouvez relire tous les autres)

Laddus (ou Laddoos) (Photo: Flickr)

Pour faire court (c’est pas comme si l’intrigue était compliquée en même temps), English Vinglish relate l’histoire d’une mère au foyer indienne qui se consacre à la confection de Laddus (pâtisseries indiennes). Elle a un mari, deux enfants et un autre problème dans la vie : elle ne sait pas parler Anglais. Problème pas si gênant jusqu’au jour où elle doit se rendre à New York pour le mariage de sa soeur (oui, ce n’est pas un Bollywood de pauvres). Là, elle décide de prendre des cours d’Anglais en secret de sa famille, notamment pour tous les impressionner après et comprendre ce qu’ils disent dans son dos. En plus, il y a un « hot French guy » dans son cours, qui est lui aussi cuisinier (bah oui tiens). Mais la bonne épouse indienne repousse la tentation et reste fidèle à son mari chéri, qui finit par plus ou moins comprendre qu’elle n’est pas si cruche.

English Vinglish est carrément digne de Bollywood pour un tas de raisons. Florilège :

Il y des vraies stars dedans, notamment Amitabh Bacchan et Sridevi. Le premier est LA star de Bollywood ; l’équivalent indien de George Clooney, en un peu plus vieux et sûrement un peu plus riche. C’est de lui que le héros de Slumdog Millionaire veut tellement avoir un autographe qu’il finit -littéralement- dans la merde. Il fait une apparition éclair dans ce film, fortement applaudie et sifflée par les spectateurs surexcités de notre salle. Sridevi, dans le rôle principal, est une actrice old generation elle aussi (1980-90), qui fait son retour au cinéma avec ce film. Un retour qui la rajeunit littéralement, puisque, chirurgie esthétique et/ou magie de Bollywood, l’actrice de 49 ans en paraît facile 15 de moins.

Il y a du drame, il y a des tensions, il y a de l’amour, il y a la famille et tout finit plutôt bien. Et il y a des chansons. Des chansons qui valent le coup. Je vous mets la vidéo de l’une d’elle, à regarder avec le son au maximum, sinon c’est pas drôle.

 Au fait, je n’ai pas compris pourquoi l’héroïne (jouée par Sridevi donc) entre dans toutes ces boutiques alors qu’elle continue à porter des saris et autres tenues traditionnelles pendant tout le film. Bref.

 Pour finir, voici quelques raisons d’aller voir ce film (ou, au moins, des raisons pour lesquelles j’ai aimé aller voir le film)

– Les cinémas indiens
Une importante partie du film est en Anglais, ce qui le rend facilement compréhensible même pour ceux d’entre nous qui ne sont pas bilingues en hindi (d’autant qu’il n’y a généralement pas de sous-titres dans les films indiens).
– Le Français dans le film est tellement un cliché à lui tout seul que je riais à chaque fois qu’il disait quelque chose. Il tombe amoureux de l’héroïne (marriée) et lui offre une crêpe en disant que c’est une sorte de « Laddu français » (or vous avez vu sur la photo à quel point ça n’a rien à voir). Ensuite il lui fait une déclaration d’amour en public. Et enfin, il y a une partie du film où elle lui parle en hindi et il répond en français. Donc au moins je comprenais la moitié du dialogue (pas la même moitié que le reste de la salle mais quand même).
– Le sujet, apprendre l’anglais, dit tout de même quelque chose des préoccupations de la société indienne, en particulier des plus riches, et ce n’est pas inintéressant pour un oeil étranger.

Bref, avec un peu de second degré, ce film nous a permis 2 ou 3 heures de franche rigolade (une bonne grosse marrade comme disait la pub).

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ENGLISH VERSION

Please, do not focus on the spelling and grammatical mistakes, I know my English is not perfect. However, you can tell me about them so that I can improve the quality of both my blog and my English. Here we go : 

Last Saturday, laziness was setting in my flat.  After spending half the day in pyjama, we were drinking Chinese jasmine tea lolling in our ugly armchairs, when we figured out that we should do something.  And it just so happened that a movie theatre nearby was showing a promising movie that evening : English Vinglish.

WARNING : If you intend to see this movie one day and would like to preserve the incredible suspense,  I advise you not to read the following.

To sum it up (the plot is not very complicated anyway), English Vinglish deals with the story of an Indian housewife whose life is dedicated to the preparation of Laddus (Indian sweets, you can check the picture above). She’s got a husband, two kids and another problem : she doesn’t speak English. This problem is not that annoying till the day she has to go to New York for her sister’s wedding (yeah, this Bollywood is not about poor people). There, she decides to take English classes, without telling anyone from her family, in order to impress them and to be able to understand what they say on her behalf. Moreover, there is a hot French guy in her class, who happens to be a cook (that is a kind of a cliché isn’t it ?). Anyway, as she is a great Indian spouse, she will resist the temptation and remain loyal to her beloved husband, who finally ends up realising his wife is not that stupid. 

English Vinglish deserves its Bollywood appellation for a lot of reasons. Here is a selection :

Amitabh & Sridevi in English Vinglish

There are true Bollywood stars playing in it, including Amitabh Bachan and Sridevi. First, Amitabh Bachan, THE Bollywood icon ; a kind of Indian version of George Clooney, even though he is slightly older and probably wealthier. At the beginning of the movie, the kid main character of Slumdog Millionaire, wants an autograph from him so badly that he –litteraly- ends up in deep shit. Amitabh apparition in English Venglish was loudly applauded and hissed by the over-excited spectators. Sridevi, who holds the main role, is an actoress from “old generation” Bollywood stars (1980s-90s) and makes a comeback with this movie. A rejuvenating comeback ; I don’t know if it is thanks to plastic surgery or the magic of Bollywood, but she is 49 and looks 15 years younger.

 There is drama, there is tension, there is love, there is family, and everything ends quite well. And there are songs. I mean, songs that worth being listened to (and seen ; dances are very important !). I’m giving one to you. One rule : you have to listen to it with the sound turned on the maximum. Check it on the French version (second video).

By the way, I did not understand why the main character (played by Sridevi) enters in all those shops, as she is always dressing with saris and traditional Indian clothes. Anyway.

Last but not least, here are some reasons for you to watch this movie (or reasons why I liked watching it) (I guess this part is not very relevant for Indian people, sorry guys).

– Indian cinemas are fun
A big part of the movie is in English, so it’s easy to understand even if you are not fluent in hindi (subtitles are generally not available)
– The French guy is so much a cliché that I laughed every time he was saying something. He falls in love with the woman (who is married) and offers her a crêpe, saying it is like a “French Laddu”. Then he makes a public love declaration. I also like the parts of the movie when she talks to him in Hindi and he replies in French. So at least I was understanding half of the dialogue (not the same half than most of the spectators but still).
– Moreover, the subject of the movie, which is learning English means something about Indian society (especially upper-classes) main concerns. That is interesting for a foreigner like me. 

To sum it up, we did not take everything seriously, enjoyed the movie and laughed a lot during 2 or 3 hours.

3000

Aujourd’hui, en rentrant chez moi après une balade à la BookFair de Delhi, l’équivalent indien du Salon du livre mais où tout est à moitié prix, j’ai ouvert les statistiques du blog pour valider un commentaire. Et là, je suis tombée sur ça :

Image

Oui, vous avez bien vu !

ImageVoilà. Vous allez me prendre pour une folle qui scrute consciencieusement chaque nouveau visiteur, mais même pas ; c’est le hasard du traffic jam justement dosé qui a fait que je ne me suis connectée ni à 2999, ni à 3001, mais là, maintenant, à 3000. Du coup, j’ai trouvé que vous méritiez un petit article bonus.

3000 Roupies : L’équivalent d’un peu plus de 42€ ou de 600 bananes.

3000 Kilomètres : La distance Chandigarh (Nord de l’Inde) – Kanyakumari (extrême Sud de l’Inde)

Image

3000 Photos : nombre de photos que je compte faire de l’Inde. Ou que les Indiens comptent faire de moi (être blanc-he procure le statut spécial de monument touristique et vous rend cible potentielle d’un mitraillage photographique acharné).

3000 Mots… d’hindi : but minimum à atteindre d’ici à la fin de l’année. Je pense être à 10% pour le moment, oups.

3000 Personnes : qui me fixent à chaque instant, où que j’aille, quoique je fasse. Ok, c’est peut-être un peu exagéré. Peut-être.

3000 épices : qui se battent contre mon estomac tous les jours depuis le début du voyage. D’ailleurs, je tenais à publiquement annoncer que j’ai bu de l’eau du robinet. Chez moi, par inadvertance. C’est un peu stupide, mais à ma décharge, j’étais fatiguée. Bilan de cette expérience : ça passe avec un spasfon et un peu de courage.

3000 mercis et autant de bises : c’est tout ce que je vous fais. Continuez à me lire, je continuerais à vous écrire.

Allez, je repars à l’aventure !

De drôles d’habitudes

Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous certains signes qui semblent montrer que, ça y est, I’m getting used to it (pour ceux qui ont raté le premier épisode, il s’agit de s’habituer à l’Inde, ce qui n’était pas gagné il y a un mois et demi).

Ne pas se demander s’il faut mettre des épices dans la nourriture que t’es en train de préparer, mais se demander quelles épices iront le mieux avec les deux piments verts déjà ajoutés.

A partir de plus d’un euro de légumes acheté, les vendeurs attentionnés offrent une petite poignée de « chili » pour agrémenter le tout.

Tomber sur un rickshaw-wallah qui sait déjà où tu veux aller et combien tu veux payer puisque tu l’as déjà eu la semaine d’avant. Prochaine étape : le reconnaitre tout de suite au lieu de le regarder d’un air ébahi (mais c’est plus facile pour lui de me reconnaître, vu que je balade à tout instant le signe de reconnaissance ultime : ma peau blanche d’occidentale).

Insulter les gens en Français à tout bout de champ (habitude à perdre au plus vite à mon retour, ou en cas de visite de Pondicherry).

Du coup on a payé moins de 30 centimes pour voir ça au lieu de payer 3€50. Le bon plan, non ? (« ça », c’est le Qutub Minar, un des plus beaux minarets de Delhi).

Payer le prix « indien citizen » au lieu du « foreigner » dans les monuments parce qu’on raconte en hindi qu’on est étudiant-e en Inde. (Et peut-être aussi parce qu’on corrompt un peu le fonctionnaire) (Mais pour payer l’entrée 25 fois moins cher ça vaut la peine).

Se moquer de son nouveau coloc’ en train de faire la vaisselle. « Qu’est-ce que tu fous? – Bah je lave les assiettes – Mais t’es fou, il y a le maid qui vient demain! ». Parce que tout le monde a un-e maid, chargé de passer un coup de balai chaque jour pour quelques dizaines d’euros par mois.

Utiliser chaque occasion de casser ses « gros billets », parce que c’est la galère de n’avoir que des billets de 500, personne ne veut te rendre la monnaie. Normal, 500 Roupies, ça fait quand même un peu plus de 7€ (et je raconte même pas les fois où les commerçants/rickshaw-wallahs disent ne pas avoir la monnaie sur 100Roupies, environ 1€50!)…

Voir passer une fille en burqa noire dans son université. Se poser une seule question : où est-ce qu’elle a pu acheter ce pantalon qui dépasse un peu de la burqa, il est tout coloré tout beau ?

Les prochaines habitudes à prendre, mais c’est le niveau supérieur :

– Cracher par terre et-ou roter le plus naturellement du monde, sans interrompre sa phrase.

– Réussir à s’endormir dans un bus de nuit non climatisé en faisant abstraction des klaxons, des soubresauts et des lumières. Ah, et de l’odeur de sueur aussi.

– Manger des pâtes gluantes et ultra-piquantes pour le goûter, à 4h de l’après-midi (on appelle ça des « Maggi », du nom de la marque).

– Rester de marbre lorsque des dizaines et des dizaines de mouches s’agitent autour de la moindre parcelle de nourriture.

Le « bari chai » (grand thé) de JNU, après rapide absorption.

– Se torcher à l’indienne. Je refuse d’entrer dans une longue description, mais ça implique de se passer de PQ et d’éviter de manger avec la main gauche juste après.

Inde, J+2 – Des dernières fois aux premières

En deux jours, il se passe généralement beaucoup de choses.

Les 17 et 18 juillet derniers, que j’en ai conscience ou non, un certain nombre de gestes du quotidien sont devenus « la dernière fois que… »*

La dernière fois que je mange du roquefort, la dernière fois que je bois de l’eau du robinet (à ce propos, je remercie le groupe Odelaf, qui a eu la gentillesse de me dédicacer un morceau de leur chanson, faut chercher par là, autour de 1mn45), la dernière fois que je vois ___, ____, ______, _______, _______ ou encore _____-________ (mais oui, vous allez bien trouver un endroit ou caser votre nom, moi je dois trouver de la place dans mon coeur et dans ma tête c’est encore plus dur), la dernière fois que je prends une douche à l’eau chaude (apparemment), la dernière fois que je mets un maxi-décolleté sans en avoir rien à foutre, la dernière fois que je comprends tout ce qui se passe autour de moi.
Beaucoup de choses auxquelles on renonce. Et si on y renonce de manière aussi délibérée (ou presque) et volontaire (on écrit même des lettres de motivation pour ça!), c’est bien parce qu’on s’attend à des bonnes aventures quelque part.

Et en deux jours, ces 20 et 21 juillet 2012, il y en a eu des aventures ! Les premières fois furent aussi nombreuses que les dernières. Cela mérite un petit panel des premières expériences :

Se déplacer d’un point A à un point B

Delhi’s map

En deux jours, je n’ai pour l’instant testé que trois moyens de locomotions parmi la multitude qu’une ville comme Delhi propose (il ne manque plus que le tapis volant). Le taxi, pour aller de l’aéroport à l’hostel, c’était assez épique. Des amis de ma maman l’ayant stressée, elle avait j’avais un tas d’appréhensions à ce sujet. Au final, tout s’est bien passé, je vérifiais qu’il n’allait pas à l’autre bout de Delhi sur une carte récupérée à l’aéroport et regardait le monde extérieur, en regrettant le manque de ceinture de sécurité. Dans ce coin de Delhi, la circulation n’est pas si dense (en comparaison avec mes souvenirs du Viet-nam) et la vitesse pas si élevée. De là à dire qu’il y a un code de la route faut pas non plus exagérer.
La première fois en Rickshaw, c’était plus épique. Renseignée à la réception de l’hostel sur le prix de la course et sur le temps (100 Roupies – 30 à 40 min) que cela prendrait jusqu’à Old Delhi, j’ai envoyé chié le conducteur de rickshaw qui me proposait de me conduire au métro pour 50 Rps (à environ 800m). Au final, je m’en suis sortie pour 120Rps (environ 2€). Arnaquée, mais pas trop… L’avantage du rickshaw, c’est de pouvoir observer Delhi et les gens autour – moment de fou rire avec mon conducteur quand il a fait un geste équivoque à l’espèce d’homme d’affaire sur son scooter qui klaxonnait comme un barge au feu rouge. Première confrontation à la mendicité et à la vente de noix de coco (toujours ces feux rouges semés d’embûches).
Enfin, le troisième moyen de transport testé pour le moment, immémorial, ces fidèles pieds. Aujourd’hui, pour déambuler dans l’Old Delhi, on peut dire qu’ils m’ont rendu un fier service.

Et demain, je teste le métro.

Se nourrir sans peurs et sans reproches

J’avais décidé d’être gentille avec mon corps et de ne pas lui imposer le même jour décalage horaire + fatigue + chaleur + nourriture étrange et super-épicée. J’ai donc opté pour du soft le premier jour (il est même possible d’acheter du pain de mie en Inde). Mais aujourd’hui, après m’être levée trop tard pour le petit-dej’ indien de mon hostel, j’ai décidé d’enfin me mettre à la bouffe indienne.

Fast food végétarien avec Butter nan, tofu en sauce (au milieu), riz et autres délices épicés.

Premiers « butternaan » (espèce de galette de farine beurrée à tomber par terre), premières épices (et encore, on demande du « noooot spicy pliz, verrrry soft »), premier repas 100% végétarien et premier test d’une adresse du Routard, notre vaillant compagnon. Je ne dirai peut-être pas ça dans 2 jours (si malade) ou dans 2 mois (quand l’excitation des premières fois sera passée) mais pour l’instant, ça me plait beaucoup ! Sans même parler de l’aspect financier – 2 à 3€ par personne…
Pour l’eau c’est plus compliqué. J’ai utilisé ma première pastille de micropure et je vais boire cette eau ce soir, je vous dirai si c’est fiable ou non dans 2 jours…

J’espère me réveiller assez tôt demain pour inaugurer mon premier petit-dej indien ! Pour cela, il va falloir écourter un peu, mais imaginez bien que j’ai fait beaucoup d’autres choses (j’essaierai de fournir encore plus de photos prochainement).

Et il y a d’autres premières fois à venir qui risquent de s’avérer incroyable :

– le premier repas dans une famille indienne (prévu demain midi ou soir)
– la première conversation en Hindi (prévu… pas pour tout de suite)
– les premiers vêtements indiens que je vais acheter (prévu pour bientôt)
– les premiers amis indiens (ça ne saurait tarder)

Come on guys, it’s gonna be INCREDIBLE, it’s gonna be INDIA !

Old Delhi

* lorsque je parle de dernière fois tout au long de cet article, ce n’est pas, je l’espère, la dernière fois de ma vie, mais seulement la dernière fois avant une année entière loin de chez moi.