La femme indienne, le viol et la loi.

Mon article pour Les piplettes poilues – La femme indienne, le viol et la loi.

Après un article de M.C.  sur la situation des femmes en Chine et un de E. sur le Liban, nous avons le plaisir de publier un article d’ E.S., envoyée spéciale en Inde.

Son blog  sur l’Inde : https://uneetoiledanslavallee.wordpress.com/

La femme indienne, c’est la femme entreprenante, courageuse et indépendante affichée sur les murs du Petit Palais de Paris en octobre 2011. C’est ma colocataire, 20 ans, libre, riche et cool, qui sort tous les soirs en boîte ou dans des bars en minijupe. C’est aussi la jeune inconnue en kurta-salwar-dupatta (tunique-pantalon bouffant-écharpe qui cache le décolleté) qui t’arrêtes dans la rue pour t’expliquer que porter une robe (aux genoux) sans collant c’est mal. Et la femme indienne, c’est aussi Jyoti Singh Panday, 23 ans, décédée des suites du viol collectif dont elle a été victime le 16 décembre 2012, dans un bus à New Delhi.

Oui, voilà, le viol collectif dans…

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Du nouveau chez les BRICS

Aujourd’hui, au moment d’écrire le 70ème article de ce blog, j’ai relu le premier article que j’avais écrit en arrivant en Inde « Mettre les pieds dans 2 des 5 BRICS en moins de 24H » et j’ai décidé de rester sur le même sujet. Si vous ne savez pas ce que sont les BRICS et que vous ne voulez pas être complètement perdus, vous pouvez d’ailleurs lire la définition que j’en avais donné à l’époque.

Relire cet article, ça m’a permis de mesurer le chemin parcouru, de me replonger dans les pensées qui étaient les miennes il y a 8 mois et demi. Et de réaliser qu’assise dans la salle d’attente de la guesthouse de Delhi, en train d’écrire cet article de blog, j’étais bien loin d’imaginer que je me replongerais dans une recherche intensive sur les BRICS pour écrire un article analysant leur dernier sommet pour le blog de Tehelka, en veillant à « adopter un point de vue indien » (je trouve ça drôle que mon rédacteur en chef me précise ce genre de choses). Voici l’article en question : « Why the west is wary of the BRICS ». En anglais, et cette fois, je ne vais pas le traduire en français parce que c’est trop long. Mais l’idée (et les conversations que j’ai eues avec les trois spécialistes que je cite dans l’article) c’est que la  relation indo-chinoise au sein du groupe doit s’équilibrer, et que la Chine de manière générale doit faire attention à ne pas écraser ses alliés si elle veut que le groupe soit plus efficace pour contrer le poids politique et économique des puissances occidentales. On finit le point d’actu avec une vidéo à aller voir sur la Syrie. Encore une fois, le point de vue « des méchants », puisque c’est l’ambassadeur en Inde, mis en place par Bashar al-Assad qui est interviewé.

Mais ça fait du bien de ne pas lire seulement les médias français (européens) et d’être confronté aux réactions indiennes sur un sujet. Les notions de démocratie, droits de l’homme et laïcité pèsent moins que celles de souveraineté, anti-colonialisme et liberté.

Les F.A.Q. de l’Inde (Frequently Asked Questions)

Se préparer à vivre dans un pays inconnu pendant un an, à fortiori s’il s’agit de l’Inde, apporte forcément à se poser une foultitude (c’est entre une foule et une multitude) de questions :

*En fait, ça on ne s’en passe pas. On se débrouille pour en trouver à Delhi !

Ma famille va-t-elle me manquer ? Suis-je capable de vivre cela ? Vais-je tomber malade ? Que dois-je emmener en priorité ? Comment me passerais-je d’éclair au chocolat* ??

Ce dont on parle moins, c’est des questions qu’on se pose une fois là-bas, et dont on n’avait même pas envisagé l’importance d’ici. Aujourd’hui pour vous, les questions que l’on se pose fréquemment en Inde, ou Frequently Asked Questions.

Comment faire son chai sans électricité ?

« Northern India hit by one of the worst power breakdowns » titrait the Hindu ce matin.

« In what was one of the worst power breakdowns in the country, the Northern Grid crashed early Monday morning plunging eight states into complete darkness, disrupting inter-state train services, adversely hitting health services and impacting millions of lives. »

Pour les non-anglophones, le Monde en parlait aussi. Ainsi, ce matin, je me suis préparée à mon premier jour de cours… dans le noir. Ou presque. Le seul défaut de mon appartement étant sa faible luminosité, j’ai en effet eu droit à la douche (ça va), au mettage de lentilles (ça commence à moins le faire) puis au coiffage (c’était vraiment pas terrible) dans la semi-obscurité. C’est là où l’on se rend compte que, quand même, c’est utile l’électricité. Surtout quand j’ai voulu faire mon chai du petit-dej’. « Mééé euh, C koi sa un chèèè? » vous dites-vous peut-être. Alors, premièrement, ça se prononce « Tchay » et deuxièmement, c’est le mot hindi pour dire le thé. Mais c’est aussi une toute autre manière de le préparer. Pour nous, le thé c’est de l’eau chaude, ici, il y a aussi du lait, beaucoup de lait. Du sucre aussi, et parfois des épices. Mais pas dans celui que je me fais le matin. Mode d’emploi : déposer un bon fond de lait dans votre tasse, mettez vos feuilles de thé « Taj Mahal » dans une petite passoire sur votre tasse et versez l’eau bouillante. Ouais, mais ce matin, ma bouilloire marchait pas. (Ben oui, il y avait pas d’électricité on vous dit!) (Ps : admirez comment je retombe sur mes pattes, c’est incroyable). A l’ancienne, j’ai du laver une casserole abandonnée dans l’évier par une des mes colocs et mettre de l’eau à bouillir sur le feu. Heureusement, j’ai une gazinière.

Faut-il porter une kurta ?

Vous êtes encore piégés par des mots que vous ne comprenez pas hein ? Je vous en veux pas, pour moi non plus, kurta ne signifiait rien il y a 10 jours. Pas le temps (ni tout à fait la science, il faut l’avouer) de vous faire une leçon sur les vêtements indiens, on va se contenter de celui-là. Tunique longue (de mi-cuisses aux genoux), généralement fendue sur les côtés jusqu’à la taille, elle existe en toutes les couleurs, tous les tissus, tous les types de manches (no-sleeves / short-sleeves / full-sleeves), tous les prix aussi, et différentes formes de col (le plus fréquent étant tout de même un col en V très peu décolleté). J’en ai pour l’instant 3 : une bleue très basique que m’a donnée ma « famille indienne », une vert foncé aux manches mi-longues et une blanche avec des imprimés gris-bleus, magnifique, achetée dans la très chic boutique Anokhi (une folie à 950 Roupies… Oui, je sais, ça fait 13€95). Ce matin, j’ai décidé de mettre l’Anokhi avec un pantalon beige et des sandales, en me demandant quel allait être le regard que porterait les Indiens sur une occidentale habillée « à l’indienne ». Résultat : sur les 4 fois où j’ai pris le rickshaw aujourd’hui, je ne me suis pas faite arnaquée une seule fois et j’ai réussi à faire mettre le « meter » sur les deux longs trajets (Le « meter » est le compteur de kilomètres. Sur les ricksaws, c’est normalement obligatoire, mais bien sûr, ils refusent de l’allumer lorsqu’ils ont affaire à des occidentaux, préférant négocier un prix – souvent 20 à 50% supérieur). Rouler des « r » en anglais et abuser du « bahia! » (littéralement « frère » – très fréquemment utilisé par les Indiens dans la rue, même quand ils ne se connaissent pas) a certainement aidé. Morale de l’histoire : Oui, il faut porter une kurta. Et se sentir bien dedans.

Comment expliquer à un vendeur un peu lourd qu’on n’est pas en Inde pour acheter des brosses en plastique made in China ?

Palika Bazar, lieu de tous les relous qui ont aussi essayé de nous refourguer… Des films pornos !

Problème fréquemment rencontré dans les nombreux marchés dans lesquels nous dépensons des milliers de roupies flânons ; les « gros lourds ». C’est-à-dire ceux qui non seulement essaient de te vendre des choses par des grands cris « Aié ! Aié ! » (« venez, venez ») (ce qui, après tout, peut paraître légitime), mais ont deux caractéristiques qui les distinguent : ce qu’ils vendent est inutile/moche/sans aucun intérêt/totalement banal en Europe – comme par exemple une brosse en plastique made in China, un rasoir électrique, ou encore des piles (pourquoi?) et en plus, ils insistent lourdement « very good price, what is your price ?, only fifty roupies« . Sans comprendre qu’en fait, on n’est absolument pas sensibles à leur marchandise, quelque soit leur tentative de « street-marketing ».

Heureusement, parfois, on trouve des marchés magnifiques où personne n’a besoin de nous convaincre de quoique ce soit pour qu’on achète des choses…

Dilli haat : vêtements, bijoux, déco et surtout écharpes en Pashmina

Fabrications artisanales dans le ravissant et calme marché de Dilli Haat