Gandhi (2) La Tour Eiffel – The Eiffel Tower

ENGLISH VERSION BELOW

Après les Anecdotes de jeunesse britannique, la série des Gandhi continue, toujours basée sur l’autobiographie du monsieur.

La Tour Eiffel ? Quel est le lien avec Gandhi, le héros de l’Inde ? Eh bien, Gandhi y a été, et vu que ça fait plus de trois mois que je suis en Inde, je peux avouer sans honte qu’il arrive que la dame de fer parisienne me manque de temps à autres… J’ai donc trouvé le meilleur prétexte que j’avais sous la main pour vous en parler et pour ressortir quelques photos prises ces deux dernières années.

Feux d’artifices, 14 Juillet 2011. Fireworks, 14th of July 2011.

Gandhi vint donc en 1890 à l’Exposition universelle de Paris, occasion pour laquelle la Tour Eiffel fut initialement construite. A part le fait que Gandhi ait mangé au restaurant de la tour (mais comme il n’en dit pas la nom, je n’ai pas pu vérifié si c’était déjà le Jules Verne), je voulais partager une pensée qu’il exprime sur le but de la Tour Eiffel :

« Je dois dire un mot sur la Tour Eiffel. Je ne sais pas à quoi elle sert aujourd’hui. Mais j’ai entendu qu’elle avait été beaucoup décriée, et autant louée. La Tour Eiffel n’est pas une œuvre d’art. Dans aucun cas il peut être dit qu’elle a contribué à la beauté de l’exposition. Les hommes affluaient pour la voir et montaient parce que c’était une nouveauté, et aux dimensions uniques. C’était le jouet de l’exposition. Aussi longtemps que nous sommes des enfants, nous sommes attirés par les jouets, et la Tour offre une belle démonstration du fait que nous sommes tous comme des enfants attirés par une babiole. Tel est peut-être le but que l’on peut revendiquer pour la Tour Eiffel. »

Mais pour moi, c’était avant tout un point de repère incroyablement beau et utile quand je me baladais en Vélib à Paris. Et maintenant, c’est aussi un tas de souvenirs…

ENGLISH VERSION

Based on My Experiments with the truth, M. K. Gandhi, Selections from Penguin Evergreen editions. 

The Eiffel Tower? What is the link with Mahatma Gandhi, India’s hero? Well, my friends, Gandhi went there, and since it’s been more than three months that I’m in India, I can admit without shame that I miss the parisian iron lady sometimes… So I found the best pretext I could to talk about it and share some pictures I took the last two years

Janvier 2011 – January 2011

So Gandhi went to Paris 1890 Great Exhibition, for which the Eiffel Tower was initially built. Apart from the fact that he ate at the tower’s restaurant (as he does not mention the name, I don’t know if it was already Le Jules Verne), I wanted to share a thought he has on the purpose of the Eiffel Tower: 

« I must say a word about the Eiffel Tower. I do not know what purpose it serves today. But then I hear it greatly disparaged as well as praised. (…) There is no art about the Eiffel Tower. In no way can it be said to have contributed to the real beauty of the Exhibition. Men flocked to see it and ascended it as it was a novelty and of unique dimensions. It was the toy of the Exhibition. So long as we are children we are attracted by toys, and the tower was a good demonstration of the fact that we are all children attracted by trinkets. That may be claimed to be the purpose served by the Eiffel Tower.« 

To me, it has also been an incredibly beautiful and useful landmark when I rode a Velib (bicycle) in Paris. And now, it is also a lot of memories… 

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Ce qu’on apprend sur une ville en prenant son métro

Alors qu’ici il pleut comme vache qui pisse (et vu le nombre ainsi que le pouvoir sacré des vaches en Inde, je vous laisse imaginer ce que ça donne), je suis coincée à l’intérieur, et donc tenue d’avancer ce blog.

Aujourd’hui, j’essaie de vous proposer une petite leçon (je l’espère, un peu moins con que les leçons de Charlotte Lebon sur Canal+) sur le métro New Delhite, que j’ai eu pas mal l’occasion d’emprunter ces derniers temps (notamment à cause des recherches de logement qui je l’espère, vont aboutir).

Pub irréaliste dans le métro de Delhi (comme quoi, c’est un métro normal)

Petite histoire du métro de New Delhi

Il faut savoir qu’en Inde les transports en commun ne sont pas très répandus. Au niveau national, il y a un assez gros réseau de train – avec encore plus d’aléas sur les retards que la SCNF, pour sûr!, des lignes d’avion intérieures, et même des lignes de bus. Mais si l’on parle de ce qui se passe au sein même des grandes villes, comme Delhi, Mumbai (Bombay) ou Calcutta, c’est une autre histoire. Ici, les véhicules, qu’ils soient à moteur (voitures, auto-rickshaw, motos) ou sans moteurs (cycle-rickshaw, charrettes les plus invraisemblables) sont encore des moyens plébiscités pour se déplacer. Mais voilà quand vous traversez une ville aussi énorme que Delhi (presque 1500 km2, contre, pour vous donner une idée, à peine 105 kmpour Paris), le tacos, même en Roupies, ça commence à vous coûter cher.

Des cycle-rickshaw sous la mousson

D’où l’utilité du métro, qui n’est pourtant arrivé à Delhi qu’à partir de 2002 (et grandement développé avec l’accueil des Jeux du Commonwealth). Bon, on n’arrive pas encore à la même couverture que le métro parisien, qui ne vous fera marcher que 3 minutes de plus si vous descendez une station trop tard mais tout de même, c’est déjà pas mal. Maintenant, au lieu de continuer à vous balancer des chiffres que n’importe quel glandu peut trouver sur l’Internet, rentrons un peu au coeur du métro.

Tout d’abord, les contrôles de sécurité

On m’avait dit que l’Inde était un pays « dangereux », en particulier la ville de New Delhi. J’imaginais que c’était le résultat d’un certain laxisme en matière de sécurité qui était la cause de ce danger. Or, bien au contraire, lorsqu’on veut prendre le métro, on est surpris par les contrôles effectués. C’est (presque) comme dans un aéroport américain : deux à trois militaires observent vos sacs se faire scanner (heureusement, on a quand même le droit de transporter du liquide), pendant que vous passez à un portique où un/e militaire sera chargé/e de vous palper/fouiller. Bien sûr, les femmes sont contrôlées par des femmes, les hommes par des hommes. Un fois ces contrôles de sécurité franchis, il faut passer le portique avec sa carte ou son jeton. Au cas où vous vous posez la question, il est impossible de frauder dans le métro New Delhite (pas sûre non plus que ce soit très rentable, vu qu’un trajet coûte au maximum 20 Rps, soit moins de 0,30€). Je n’ai pas encore eu le temps de mener un sondage représentatif de la population indienne (dit comme ça, cette ambition parait de toutes les façons démesurée) mais en en parlant à quelques indiens, il s’avère que ce regain de sécurité, également présent devant toutes les attractions touristiques et l’entrée des bazars (en bref, la plupart des lieux à forte concentration humaine, donc pas mal de lieux) serait du aux attentats de septembre 2008 qui ont vu l’explosion simultanée de 5 bombes dans la capitale.

« Women Only »

Femmes entrant dans un wagon réservé (photo: internet)

Une fois les contrôles surmontés (avec brio, étant donné que je transporte rarement des armes), vient l’épineuse question du wagon pour dames. Dans tous les métros, un wagon est en effet réservé exclusivement aux femmes (« women only« ). En effet, Delhi étant une ville « not safe for women« , on s’est dit après de nombreux petits incidents qu’il serait beaucoup plus sûr de mettre toutes les femmes dans des wagons réservés. En soi, les wagons sont exactement les mêmes que ceux pour hommes, et même pas séparés par une porte – mais attention à l’homme qui a le malheur de s’asseoir dans le wagon pour femme ! (je n’en ai jamais vu d’ailleurs) Des gardes régulent le flux humain et empêchent les hommes de pénétrer dans ces wagons.

Du coup, je me suis posé la question de si je devais prendre le wagon « women only » ou pas. Car, comme vous pouvez le deviner, du coup, tous les autres wagons deviennent officieusement des wagons « men only ». Ou bien « groupe mixte ». En gros, on conçoit difficilement qu’une femme seule se mette dans un wagon mixte, alors qu’un wagon est fait pour elle. J’avoue que j’ai abandonné toute considération idéologique de féministe et me suis placée dans le wagon pour femme en bénissant ma chance d’avoir une place assise (les « women only » sont généralement beaucoup moins encombrés que les autres). Pas la peine d’ajouter encore le poids du regard curieux/réprobateur des Indiens dans le métro si on peut l’éviter. Pour la petite anecdote, trois amis français (deux filles et un garçon) entrant dans la catégorie « groupe mixte » se sont placés dans un wagon normal et se sont fait prendre en photo (pas qu’une seule fois, et pas discrètement non plus).

La sécurité au prix de la non-mixité ? Question à méditer…

Inde, J-15

Un demi-mois. 2 semaines. 15 jours. A peu près autant de nuits. 360 heures.

C’est le temps que durent des « petites vacances » scolaires. C’est le temps de faire pas mal de choses, de voir pas mal de monde. Et il va bien falloir, puisque, pour moi, ces quinze jours à venir sont les derniers avant le « reste de ma vie ». Les derniers jours à Paris avant le grand départ.

Une année. 12 mois. Une cinquantaine de semaines. Environ 365 jours et le même nombre de nuits. Une bon gros nombre d’heures.

C’est le temps que durera le voyage. Après une vingtaine d’heures passée à trainer d’aéroport en aéroport, d’avion en avion, je poserai un pied, puis l’autre sur le sol de New Delhi. Un petit pas de femme, un grand pas pour mon humanité. Sans doute pas grand chose pour le reste du monde.

Si je fais une liste, c’est malheureusement plus pour l’instant une liste de choses à faire sur ici, avant de partir, qu’une liste de choses à faire là-bas…

– acheter un guide touristique (dans l’optique de pouvoir un jour dresser la liste des sites à voir sur place! )
– mon visa
– un compte en banque pour l’international
– un vaccin et des courses de médicaments (que j’espère bien ne jamais utiliser)
– résilier mon forfait téléphonique
– trouver un logement pour les premiers jours
– dire au revoir à la moitié de l’univers ou presque
– virer tout mon bordel de mon appartement parisien
– ouvrir un blog

Au moins un point de la liste ci-dessus est en bonne voie. J’espère que vous lirez ce blog à peu près aussi souvent et avec autant de plaisir que j’écrirai dessus – je me garderai bien de faire des pronostics à ce sujet,  il serait présomptueux de ma part de présager des aléas indiens de la vie (connexion internet opérationnelle, électricité qui marche pour recharger mon ordinateur). Je vous laisse sur cette petite description de l’Inde (car ce doit tout de même être le sujet de mon post, le but n’étant pas de vous assommer sous un déballage de formulaires administratifs chiants) par l’auteur Pascal Bruckner, tiré de son roman Parias :

« Ce n’étaient partout qu’anomalies spectaculaires, inépuisable variété de dérèglements propres à des cerveaux détraqués par la chaleur ou l’hystérie mystique. (…) Et je ne savais trop que penser d’un pays qui, à chaque pas, me jetait ensemble le chaud et le froid, la splendeur et l’outrance en pleine figure. »