La Thaïlande

La Thaïlande. Par quoi commencer ? Pourquoi passer deux semaines là-bas pendant mon année en Inde ?

Au bout de quatre mois d’Inde exactement, j’ai donc fait un break. Je ne voulais pas rentrer en France pendant toute l’année, parce qu’un an c’est trop court pour ça, et aussi pour ne pas casser complètement ma dynamique. Pour autant, sortir d’Inde à mi-parcours était une bonne manière de prendre du recul, de réaliser en quoi j’ai changé et ce que j’ai envie de faire avant de partir.

La Thaïlande a beau être un pays asiatique, c’est très, très différent de l’Inde. Pourtant, y passer mes vacances reposait sur une certaine logique. Mon intérêt pour l’Asie, et peut-être même pour les voyages, est en effet venu d’un voyage avec ma famille au Vietnam lorsque j’étais au collège, puis au Vietnam et Cambodge au lycée. Voir un troisième pays du Sud-Est Asiatique, avec un regard un peu différent, pouvait être intéressant. La Thaïlande,  c’est aussi le pays vers lequel se portaient mes deux derniers choix d’université pour la troisième année (vu que tous les choix ne peuvent pas être faits dans le même pays). J’aurais donc pu y passer mon année, d’où une certaine curiosité. Last but not least, j’ai eu pendant ces deux semaines un point de chute à Bangkok, puisqu’une proche y habite depuis deux ans. Voilà pour les raisons qui m’ont poussé à acheter des billets d’avion.

Mais concrètement, en débarquant là-bas, je n’avais aucune idée de ce que j’allais y faire, ni de ce à quoi cela pouvait ressembler. La première chose à noter, assez paradoxale, c’est que passer de la capitale d’une démocratie (New Delhi) à la capitale d’une monarchie où le crime de lèse-majesté est encore applicable (Bangkok) m’a donné une intense sensation de liberté. Comme quoi, il y a une différence entre politique et société. Je n’avais pas prévu de comparer Bangkok et Delhi, mais mon expérience de la Thaïlande ne saurait se comprendre sans les quatre mois passés en Inde. Ainsi, Bangkok m’a paru propre, peu pollué et calme (les voitures ne klaxonnent pas ici !), ce qui n’aurait sûrement pas été le cas si j’avais débarqué directement de France. En cherchant machinalement le wagon pour femmes dans le BTS (métro aérien) de Bangkok, j’ai réalisé ma stupidité, ainsi que le nombre impressionnant de femmes qui marchent seules dans les rues, le plus souvent en short ou jupe dont la longueur diminue au fur et à mesure que la nuit tombe. Je ne parlerai même pas de la prostitution, ayant peu cherché à y être confrontée, mais ce n’est pas tout à fait un mythe, en témoigne la gérante de la guesthouse dans laquelle nous logions dans le nord de la Thaïlande qui m’a formellement interdit de ramener des « ladyboys » dans la chambre (alors même que je partageais la chambre avec un ami français !). Anecdote qui m’a bien fait rire. Globalement, j’ai apprécié de vivre deux semaines dans une société plus libérée qu’en Inde (particulièrement Delhi), où vie nocturne et minishort sont la norme. Pas de regard pesant ici et de l’alcool en vente à tous les coins de rue. Cela ne s’explique pas seulement par la grande tolérance des Thaïlandais, mais aussi par le nombre très important de touristes (ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une telle concentration d’occidentaux). Mais cela va parfois jusqu’à l’indécence, particulièrement dans les îles du Sud, où les touristes (jeunes) débarquent en croyant tout excès permis, sans réaliser à quel point ils dérangent la population locale (surtout la partie qui ne vit pas du tourisme).

Autre différence entre la Thaïlande et l’Inde : l’échelle. La Thaïlande, c’est comparable à la France en terme de superficie et de population, tandis que l’Inde est comparable à l’Europe. Cela se ressent dans une plus grande unicité du pays (même s’il y a une grande diversité géographique et qu’il existe des minorités évidemment). Ainsi, on ressent l’omniprésence du bouddhisme thaïlandais (presque 95% de la population), au contraire de l’Inde où la diversité religieuse est de mise (temples hindous, mosquées et temples sikhs dans le nord, Eglises chrétiennes dans le Sud). D’ailleurs, un exemple intéressant est le BTS de Bangkok, où contrairement au métro de New Delhi, il n’y a pas de sièges réservés aux femmes et aux handicapés mais des sièges réservés aux moines. Les statues et photos de Bouddha sont partout.

Il y aurait des centaines de choses à dire, mais je vais me contenter d’un dernier point : la langue. La Thaïlande étant l’un des rares pays à ne pas avoir été colonisé, ni l’Anglais, ni le Français, ni l’Espagnol n’ont été imposé. Le Thaïlandais parle et écrit donc Thaï et toi le touriste, tu souris et tu fais des gestes pour te faire comprendre. Il y a des exceptions bien sûr, et l’Anglais-mondialisation est sur une pente ascendante. Mais communiquer reste un challenge. Il fallait bien quelques difficultés pour pimenter un peu ces vacances…

photos à suivre

Publicités