Les 10 commandements de l’estomac (1/2)

Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler d’une chose très sérieuse. J’y avais déjà fait quelques allusions, mais décidément, le sujet mérite qu’on s’y penche de manière plus approfondie. Mesdames, messieurs, laissez moi vous plonger au coeur de ce que l’Inde a de terrifiant, piquant, fascinant, gourmand : la nourriture. Dans toute sa splendeur, la voici pour vous en 10 commandements. Enfin, 4 pour aujourd’hui et le reste pour le prochain article (oui, le sujet est vaste).

1. Les conseils… tu ignoreras !

Si l’on lit un guide de voyage, on trouvera quelques indications relevant du bon sens. Qui ressemblent fortement à une « NOT-to-do-list ». Florilège :

– Ne pas boire l’eau du robinet (conseil de l’ordre de l’évidence)
– Ne pas consommer de fruits non pelés, de crudités et éviter tout ce qui n’a pas passé quelques heures dans de l’eau bouillie.
– Ne pas succomber à la tentation de la nourriture de rue (pas de jus de fruits, pas de samosas, rien dont on ne soit sûrs de la provenance).
– Oublier les mots « glaces » et « surgelés ».

A part le premier point (et encore, il y a eu quelques entorses infortunées), je dois dire que j’ai enfreint tous ces sacro-saintes résolutions (j’ai jamais été bonne pour les religions de toutes les façons). Le tout est d’y aller progressivement. Je mange donc régulièrement des pommes lavées à l’eau minérale, des salades de crudités, des jus de fruits et à peu près tout ce qu’on peut trouver dans la rue, y compris les glaces à 20Roupies (30 centimes) que l’on achète à des vendeurs qui baladent leur carriole.

2. Les féculents tu multiplieras

Là où l’on se rend compte que l’Inde est un pays en voie de développement, c’est que la nourriture, avant d’être quelque chose de raffiné, gustatif et subtil, doit nourrir.

Même en pique-nique, on amène du riz.

 Le riz est la base de l’alimentation, vous le trouverez donc à toutes les sauces, du biryani au pulao en passant par le « fried rice » ou le jeera rice (riz au cumin). Mais le pain est AUSSI la base de l’alimentation. Pas la bonne baguette hélas, mais des chapatis et rotis (farine et eau), des roomalis rotis, qui ressemblent à de grandes crêpes, des paranthas, plus épais, fourrés de pommes de terre, herbes ou oignons, et surtout des naans. Bien qu’ils soient rarement au fromage comme ceux qu’on trouve dans les restaurants indiens en France, les butter naans satisfont les plus difficiles d’entre nous. Pour compléter tout ça, il y a souvent un plat en sauce (« gravy »), composé de lentilles jaunes ou noires, ou encore de pois chiches. Qui peut être épicé…

Le repas de base : daal Makhani (lentilles), jeera rice (riz au cumin) et chapatis. (A la cantine du temple d’or)

3. Les légumes en dessous de la sauce tu chercheras

Mais si, bien sûr qu’il y a des légumes là-dessous !

Bon il y a des légumes en Inde. Mais parfois très, très bien cachés sous une épaisse sauce bien grasse aux noix de cajou par exemple (ceux qui me connaissent savent à quel point j’aime les noix de cajou et pourtant ce jour là, ça m’est resté sur l’estomac). Il ne faut pas non plus oublier que la pomme de terre est un légume, puisque vous la retrouverez dans les « mix vegetables ». Sinon on trouve à peu près tous les légumes, toujours frais, de carottes aux tomates, en passant par les choux-fleurs. Et même des inconnus aux bataillons, telles des espèces de courgettes aux formes bizarroïdes ou des pousses de bambous plus grosses que ma cuisse (impressionnant !)… Je n’ai pas encore tout testé…

4. La viande tu oublieras, ou presque…

La viande, c’est bon. Mais c’est cher (relativement à l’Inde), et le choix se limite à 1. Poulet ou 2. Mouton. Le porc ? Non, car les Musulmans n’en consomment pas (et beaucoup d’hindous non plus en pratique). Le boeuf ? Non, car les hindous n’en consomment pas. Le canard ? A quoi bon, on a du poulet ! Le lapin ? Ils ont des écureuils à la place, mais c’est hors de question de les manger, ils sont vraiment trop petits et tellement mignons !

Ecureuils

Peu de choix donc, ce qui fait que la norme est aux repas végétariens, même si je mange quand même de la viande, hein, faut pas pousser. En plus, j’ai désormais mes habitudes au fish market à deux pas de chez moi : le vendeur m’accueille avec un grand sourire avant de m’éplucher le kilo de crevettes que je finis toujours par lui prendre.

*** La suite plus tard *** 

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Gandhi (1) Anecdotes de jeunesse britannique

Gandhi. Le père de la nation, le héros de l’Inde indépendante, la figure historique la plus connue du sous-continent. Je vais cependant éviter le cours d’histoire sur l’indépendance de l’Inde. J’aimerais plutôt écrire une série d’article sur le personnage, à la fois sur certains passages de sa vie que vous ne connaissez sûrement pas, sur sa vision de l’Inde, mais aussi sur la place qu’il occupe dans l’Inde d’aujourd’hui (la symbolique et les images, ce que les Indiens en pensent, mais aussi la manière dont la politique indienne moderne s’éloigne de ses enseignements). J’écrirais ces articles au fur et à mesure de mes rencontres, discussions et lectures et on verra bien ce que ça donne.

Gandhi, ferme opposant à la Partition, contemplant chaque soir le spectacle aux relents nationalistes se déroulant à la frontière Indo-Pakistanaise

Commençons par des anecdotes de jeunesse britannique, puisées dans les extraits de l’autobiographie du Monsieur, My experiments with truth, selection collectés et publiés par les éditions Penguin Evergreens (lesquelles publient généralement des livres de qualité, et je dis ça sans être payée pour le faire).

When London is calling, cast is not counting

Le premier combat de Mohandas Karamchad Gandhi, né en 1869 dans le Gujarat, fut celui qu’il mena contre sa sous-caste Modh Bania (« Bania » signifiant « marchant », cette sous-caste fait partie de la caste des Vaishyas, située entre les servants Shudras et les guerriers Kshatriyas, relire mon explication sur les castes coincée quelque part au milieu de cet ancien article) pour se rendre en Angleterre. La pratique des études à l’étranger n’étant pas ancrée dans les habitudes de cette caste, Gandhi essuya un refus sans appel. Qu’importe, il décida de partir quand même, se faisant radier de sa caste. Premier aperçu de l’appel de Londres ou de la détermination du personnage, au choix.

Gandhi vs. Rosbif

A l’arrivée en Angleterre, un deuxième combat commence. Contre les rosbifs. Je ne veux pas dire par là que Gandhi ne pouvait pas supporter les Anglais, ces délicates créatures, mais littéralement qu’il a du se battre au quotidien pour ne pas manger de rosbif, ni aucune autre forme de viande, ayant eu la bonne idée de promettre à sa maman indienne qu’il serait un bon fils bien végétarien comme il faut. Et en effet, encore aujourd’hui dans certaines couches de la société (hindoue particulièrement), il est bien vu de ne pas manger de viande. Ce qui, comme vous pouvez vous en rendre compte en suivant mes diverses aventures, n’est pas si difficile en Inde. Mais dans l’Angleterre de la fin du XIXème siècle, c’est une toute autre affaire. Heureusement, Mohandas est un dur à cuire, qui après quelques « experiments« , décide que le végétarisme doit bannir le poisson et les oeufs. Et parce que c’est super difficile et que ça ferait super plaisir à sa maman, ça le rend super heureux. Ce qui nous amène à une citation qui résume bien selon moi ce que devait être la cuisine végétarienne anglaise à cette époque : « Many such experiments taught me that the real seat of taste was not the tongue but the mind » (traduction simplifiée: le goût, c’est pas dans la langue, c’est dans la tête). J’imagine qu’il faut s’en contenter lorsque s’imposent ce genre de circonstances.

De l’éloge de la timidité

Dernier combat pour cet article (en fait, je n’ai pas fini le bouquin dont je vous parle, donc la suite sera pour plus tard) : contre la timidité. On n’imagine pas trop ce problème chez toutes les figures historiques dont on nous parle et pas non plus de Gandhi dont on se dit qu’il lui fallait bien la force du discours pour pallier à la force des armes. Et pourtant, jeune, il était bien en peine d’aligner trois mots cohérents en public, en témoignent ses histoires d’humiliation lors de gros diners organisés par son club de végétariens. L’avantage de n’être pas un très bon orateur est cependant celui d’apprendre très vite à synthétiser sa pensée en un nombre minimum de mots. Ainsi, dans la logique Gandhienne, un silence bien pensé vaut mieux qu’un tas de mots précipités.

Je me vois dans l’obligation de clore cet article sur ces sages paroles…

Namaste, une tranche de vie indienne aujourd’hui ?

Pardonnez moi mon absence de l’Internet ces derniers jours. Il faut dire que j’ai vécu pas mal de choses (parfois, j’ai l’impression qu’une journée dure en fait une semaine). J’écris aussi un carnet de voyage qui me prend environ 5 pages par jour (et encore, j’ai l’impression de ne rien dire de ce que je pense), c’est pas évident de tout mener de front.

Quoiqu’il en soit, tout va bien, d’autant que je vis depuis quelques jours chez une famille indienne, grâce à mon réseau d’opportuniste de Sciences Pistes à l’aise en société. Hindous, ils font partie de la classe aisée et travaillent dans l’exportation – je n’ai pas vraiment compris de quoi d’ailleurs. Du coup, aussi difficile que cela puisse paraître, ils sont à la fois très indiens et très européanisés.

« You know, as I work in export, I see many european people, so I bought mineral water for you, don’t worry. »

la meilleure eau minérale d’Inde est himalayenne

Ils m’ont accueilli très gentiment, avec, j’imagine, une certaine fierté d’avoir les moyens de vivre « à l’européenne » (air climatisé dans toute la maison, eau chaude, wi-fi, oeuvres d’art du monde entier accrochées au mur, et fringues occidentales). La famille se compose de la mère, du père et de leurs deux filles (je connais la plus jeune, rencontrée à Sciences Po, mais qui est encore en France). L’ainée m’a tout de suite prise sous son aile, m’a fait essayé des fringues indiennes et a commencé à me parler (en très bon anglais d’ailleurs) de son pays. J’en apprends plein sur ce pays, et je note soigneusement des pistes de réflexion à explorer pour vous en faire part un jour.

Ma chambre d’invitée

La vie ici c’est plutôt facile. Tu te lèves le matin, tu dis au « bon » (l’indien qui fait le ménage, les courses, la cuisine et tous les travaux ingrats dans la maison) ce que tu veux pour le petit dej’, tu pars vivre ta vie (submergé des conseils de la soeur ainée) et t’essaies de rentrer pas trop tard le soir pour ne pas que la mère soit trop choquée (« Be careful, Delhi is not safe for women« ). Et quand je dis pas trop tard, c’est-à-dire que 21h30 ça commence à craindre.

Quelques petites anecdotes marrantes et/ou révélatrices

La nourriture d’abord (toujours). La mère est végétarienne, la fille non. Je ne sais pas pour le père. Leurs repas sont préparés par le « bon » et ils ne mangent pas forcément tous ensemble (on est loin du « repas de famille » à la française). Ils font leur yaourt, leur fromage (très frais, ne pensez même pas au comté de 12 mois d’âge) et leur pain maison. Et quelle variété de pains ! Naan, roti, chapati… c’est toi qui choisis! Ah aussi, et ça c’est trop mignon, la mère a demandé au « bon » de ne pas faire des trucs trop épicés pour moi…

Après il y a les fringues. D’après ce que j’observe et ce qu’elle m’en dit (appelez moi Sherlock Holmes) la fille ainée est absolument fan de fringues, autant occidentales qu’indiennes. Elle va m’emmener acheter des kurtas (tuniques indiennes, qui vont à peu près jusqu’à mi-cuisses et peuvent ou non couvrir les bras) jeudi prochain. Elle va aussi me donner l’adresse d’un tailleur, pour que je puisse, avec de la soie que j’aurais achetée, faire refaire une robe que j’ai emmené (à cet effet). Environ 30€ la robe en soie, moitié moins en coton, « Is it ok for you?« . Oh yes, it is. Mais sinon, je crois que je vais lui dire qu’aller faire du shopping de fringues « occidentales » (Gap, Ralph Lauren) ne m’intéresse pas beaucoup…

Allez, une dernière pour la route. Avec son fiancé, la fille ainée m’a emmené diner dans un resto libanais/indien/algérien.

« Sweet Paan » (mode d’emploi : ouvrir la feuille de bétel, mettre le truc dans la bouche et mâcher jusqu’à ce que ce soit humainement possible à avaler)

Le gros truc de « rebelle » où tu peux acheter de l’alcool (donc je dois dire que les mojitos indiens sont bien meilleurs que ce à quoi je m’attendais) et fumer une chicha. C’est là où l’on peut dire que c’est occidentalisé (sans compter qu’on y est allé en grosse voiture blanche magnifique et climatisée). Mais bon, quand même, à 22h30, il était super tard, parce que c’est l’Inde… On a juste fait un stop pour acheter des paans, le truc au goût le plus indescriptible de toute ma vie. C’est sucré, très fort, faut mâcher pendant longtemps, c’est tout ce que je peux dire…

« When you’ll be ready, I will make you taste the chocolate paan and the ice paan. »

When I’ll be ready for it (c’est le truc qu’ils me disent tout le temps), il y a plein de trucs que je ferais pour profiter à fond de ce pays de fous…

Inde, J+2 – Des dernières fois aux premières

En deux jours, il se passe généralement beaucoup de choses.

Les 17 et 18 juillet derniers, que j’en ai conscience ou non, un certain nombre de gestes du quotidien sont devenus « la dernière fois que… »*

La dernière fois que je mange du roquefort, la dernière fois que je bois de l’eau du robinet (à ce propos, je remercie le groupe Odelaf, qui a eu la gentillesse de me dédicacer un morceau de leur chanson, faut chercher par là, autour de 1mn45), la dernière fois que je vois ___, ____, ______, _______, _______ ou encore _____-________ (mais oui, vous allez bien trouver un endroit ou caser votre nom, moi je dois trouver de la place dans mon coeur et dans ma tête c’est encore plus dur), la dernière fois que je prends une douche à l’eau chaude (apparemment), la dernière fois que je mets un maxi-décolleté sans en avoir rien à foutre, la dernière fois que je comprends tout ce qui se passe autour de moi.
Beaucoup de choses auxquelles on renonce. Et si on y renonce de manière aussi délibérée (ou presque) et volontaire (on écrit même des lettres de motivation pour ça!), c’est bien parce qu’on s’attend à des bonnes aventures quelque part.

Et en deux jours, ces 20 et 21 juillet 2012, il y en a eu des aventures ! Les premières fois furent aussi nombreuses que les dernières. Cela mérite un petit panel des premières expériences :

Se déplacer d’un point A à un point B

Delhi’s map

En deux jours, je n’ai pour l’instant testé que trois moyens de locomotions parmi la multitude qu’une ville comme Delhi propose (il ne manque plus que le tapis volant). Le taxi, pour aller de l’aéroport à l’hostel, c’était assez épique. Des amis de ma maman l’ayant stressée, elle avait j’avais un tas d’appréhensions à ce sujet. Au final, tout s’est bien passé, je vérifiais qu’il n’allait pas à l’autre bout de Delhi sur une carte récupérée à l’aéroport et regardait le monde extérieur, en regrettant le manque de ceinture de sécurité. Dans ce coin de Delhi, la circulation n’est pas si dense (en comparaison avec mes souvenirs du Viet-nam) et la vitesse pas si élevée. De là à dire qu’il y a un code de la route faut pas non plus exagérer.
La première fois en Rickshaw, c’était plus épique. Renseignée à la réception de l’hostel sur le prix de la course et sur le temps (100 Roupies – 30 à 40 min) que cela prendrait jusqu’à Old Delhi, j’ai envoyé chié le conducteur de rickshaw qui me proposait de me conduire au métro pour 50 Rps (à environ 800m). Au final, je m’en suis sortie pour 120Rps (environ 2€). Arnaquée, mais pas trop… L’avantage du rickshaw, c’est de pouvoir observer Delhi et les gens autour – moment de fou rire avec mon conducteur quand il a fait un geste équivoque à l’espèce d’homme d’affaire sur son scooter qui klaxonnait comme un barge au feu rouge. Première confrontation à la mendicité et à la vente de noix de coco (toujours ces feux rouges semés d’embûches).
Enfin, le troisième moyen de transport testé pour le moment, immémorial, ces fidèles pieds. Aujourd’hui, pour déambuler dans l’Old Delhi, on peut dire qu’ils m’ont rendu un fier service.

Et demain, je teste le métro.

Se nourrir sans peurs et sans reproches

J’avais décidé d’être gentille avec mon corps et de ne pas lui imposer le même jour décalage horaire + fatigue + chaleur + nourriture étrange et super-épicée. J’ai donc opté pour du soft le premier jour (il est même possible d’acheter du pain de mie en Inde). Mais aujourd’hui, après m’être levée trop tard pour le petit-dej’ indien de mon hostel, j’ai décidé d’enfin me mettre à la bouffe indienne.

Fast food végétarien avec Butter nan, tofu en sauce (au milieu), riz et autres délices épicés.

Premiers « butternaan » (espèce de galette de farine beurrée à tomber par terre), premières épices (et encore, on demande du « noooot spicy pliz, verrrry soft »), premier repas 100% végétarien et premier test d’une adresse du Routard, notre vaillant compagnon. Je ne dirai peut-être pas ça dans 2 jours (si malade) ou dans 2 mois (quand l’excitation des premières fois sera passée) mais pour l’instant, ça me plait beaucoup ! Sans même parler de l’aspect financier – 2 à 3€ par personne…
Pour l’eau c’est plus compliqué. J’ai utilisé ma première pastille de micropure et je vais boire cette eau ce soir, je vous dirai si c’est fiable ou non dans 2 jours…

J’espère me réveiller assez tôt demain pour inaugurer mon premier petit-dej indien ! Pour cela, il va falloir écourter un peu, mais imaginez bien que j’ai fait beaucoup d’autres choses (j’essaierai de fournir encore plus de photos prochainement).

Et il y a d’autres premières fois à venir qui risquent de s’avérer incroyable :

– le premier repas dans une famille indienne (prévu demain midi ou soir)
– la première conversation en Hindi (prévu… pas pour tout de suite)
– les premiers vêtements indiens que je vais acheter (prévu pour bientôt)
– les premiers amis indiens (ça ne saurait tarder)

Come on guys, it’s gonna be INCREDIBLE, it’s gonna be INDIA !

Old Delhi

* lorsque je parle de dernière fois tout au long de cet article, ce n’est pas, je l’espère, la dernière fois de ma vie, mais seulement la dernière fois avant une année entière loin de chez moi.